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proxénètisme : les femmes de l’Europe de l’Est

mercredi 1er février 2012


Irina est moldave. A dix-huit ans, elle quitte sa ville natale de Chisinau (Moldavie), attirée par la promesse d’un emploi de serveuse à Milan. Elle prend le train, escortée par un homme qui lui fait traverser la Moldavie et la Roumanie. Son passeport confisqué, elle franchit plusieurs frontières clandestinement ou avec la complicité des douaniers. Elle se retrouve en Albanie. Là commence l’enfer. Vendue à plusieurs reprises, elle tombe entre les mains d’un proxénète albanais qui la « conditionne » en lui faisant subir des viols à répétition. Refusant de racoler dans la rue, elle est battue et revendue à un autre souteneur albanais qui, à son tour, la brutalise et la viole. Elle est ensuite emmenée en Italie à bord d’un scafo, canot à fond plat échappant aux radars. Son calvaire s’achève quand la police italienne l’interpelle et la transfère dans un centre d’accueil.

Irina est une de ces « Natacha », comme on appelle les prostituées venues de l’Est. Son destin tragique ressemble à celui de ces milliers de femmes d’Europe orientale, un des principaux bassins de recrutement de la prostitution, qui rivalise avec l’Asie, les Caraïbes et l’Afrique. D’après M. Bjorn Clarberg, d’Interpol, « le business de l’exploitation sexuelle entre les deux parties de l’Europe a explosé ». A l’heure de la mondialisation, la traite des femmes se globalise. Comme il y a un grand banditisme, il existe désormais un grand proxénétisme qui génère des profits considérables (voir « Quelques chiffres »).

L’effondrement de l’empire soviétique et la décomposition de la Yougoslavie ont accéléré un phénomène dont la cause est connue : la misère. Généralement enlevées, abusées ou séduites, ces femmes sont parfois volontaires. Elles espèrent gagner suffisamment d’argent pour rentrer au pays et faire vivre leur famille. Les trois quarts ne se sont jamais prostituées auparavant.

Sur le continent européen s’est dessinée une répartition spatiale du trafic avec les pays « fournisseurs » (Russie, Ukraine ou Roumanie), les pays de transit (essentiellement les Etats de l’ex-Yougoslavie et l’Albanie), et les pays destinataires (Italie, Allemagne, France...). Le trafic ne cesse de s’étendre. La forte rentabilité de la prostitution explique pour partie cette explosion. Mais surtout, comme le souligne M. Gerard Stoudmann, de l’Organisation pour la coopération et la sécurité en Europe (OSCE), c’est « un business beaucoup moins dangereux que le trafic de drogue, car il n’existe encore aucun cadre juridique international pour le combattre ».

Apparaissant comme l’un des principaux centres, Moscou approvisionne les marchés allemand , polonais et asiatique. Selon une responsable de la mairie, Mme Eleonora Loutchnikova, 330 « sociétés » russes pratiqueraient ce genre de « commerce » et, chaque année, 50 000 femmes sont expédiées à l’étranger. En Pologne, la prostitution étrangère se concentre sur les grands axes menant à l’Allemagne. C’est aussi le cas en République tchèque, où se retrouvent Ukrainiennes et Russes. En Bulgarie, elles sont environ 10 000 à être tombées dans les filets des proxénètes, selon l’association Animus. Leur parcours s’avère parfois fatal, comme pour ces deux jeunes, mortes de froid, en janvier 2000, en tentant de franchir la frontière avec la Grèce, où elles devaient travailler comme entraîneuses.

Pour les Roumaines et les Moldaves, le périple commence souvent à Timisoara, où des rabatteurs locaux les ont attirées. Il se poursuit soit à l’Arizona Market de Brcko, le plus grand centre de contrebande de Bosnie-Herzégovine, soit à Novi-Sad, en Serbie. Un véritable « marché aux esclaves » s’y est développé. Des trafiquants roumains y mettent aux enchères des Ukrainiennes, des Moldaves, des Roumaines, des Bulgares, des Russes. Déshabillées, exhibées, elles sont achetées environ 1 000 marks (511,3 euros) par des souteneurs serbes qui les violent et les molestent avant de les convoyer vers l’Albanie. Telle Nicoleta, étudiante moldave de dix-sept ans, battue et violée par un proxénète serbe avant d’être vendue aux enchères dans un entrepôt désaffecté de Belgrade. Aux mains d’un autre Serbe, elle passe deux mois dans une maison close de Podgorica, au Monténégro ; elle est ensuite revendue 2 500 dollars (2 709 euros) à un Albanais encore plus brutal. A Sarajevo, le ministre suédois de la justice a même rencontré une jeune femme qui avait été vendue à dix-huit reprises.

Même sinistre scénario au Kosovo où, pour reprendre l’expression de M. Pasquale Lupoli, responsable sur place de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les maisons closes ont « poussé comme des champignons » avec l’afflux des 50 000 soldats de la KFOR, des employés de la Mission des Nations unies au Kosovo (MNUK) et des personnels des organisations non gouvernementales. Originaires surtout de Moldavie, d’Ukraine, de Roumanie et de Bulgarie, les femmes sont vendues aux enchères entre 1 000 et 2 500 dollars (de 1 084 à 2 709 euros) aux proxénètes kosovars. « Ces femmes ont été réduites en esclavage », a déclaré le colonel des carabiniers Vincenzo Coppola après en avoir sauvé 23 à Pristina et à Prizren (2). L’an dernier, seules 460 femmes ont été libérées des 350 maisons closes de Bosnie, alors qu’elles seraient près de 10 000 à y entrer clandestinement.

Selon M. Stoudmann, l’ex-Yougoslavie constitue la plaque tournante du crime organisé, « infiltré dans les structures de l’Etat jusqu’à des niveaux élevés ». D’après Mme Julia Harston, représentante de l’ONU à Sarajevo, la Bosnie est tout à la fois « une destination, un pays de passage et un point de départ du trafic de jeunes femmes ». Ce dernier est « remarquablement organisé, sans distinction de nationalité, d’ethnie ou de religion », constate le chef de la police internationale (IPTF), M. Vincent Cœurderoy. En Macédoine, le village de Velezde, qui ne compte pas moins de sept bordels, fait figure de centre régional de la prostitution aux mains de la mafia albanaise (3). Ici, un proxénète comme le redoutable Bojko Dilaler gagne plus de 20 000 euros par mois.

Par Rodrigue Tchuidjan

1 Message

  • Je pense que la pauvreté est l’élément majeur qui rend ce marché florissant dans la mesure où beaucoup de jeunes filles rêvent encore d’un eldorado où tout est rose.Nos Soeurs camerounaises ne sont pas epargnées

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