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Y a-t-il trop de partis politiques au Cameroun ?

lundi 5 juin 2017


Le pays aligne environ 300 formations politiques pour moins de 25 millions d’habitants. Expression de la démocratie ou autres. CT ouvre le débat.

Question simple : quel est le rôle des partis politiques ? La réponse la plus simple que l’on trouve dans les dictionnaires spécialisés en la matière, c’est qu’ils participent à l’animation de la vie politique. Dans le cas spécifique du Cameroun, l’article 3 de la Constitution précise que « les partis et formations politiques concourent à l’expression du suffrage. Ils doivent respecter les principes de la démocratie, de la souveraineté et de l’unité nationales. Ils se forment et exercent leurs activités conformément à la loi ». Cette loi, c’est celle N°90/056 du 19 décembre 1990 portant sur la création des partis politiques qui, en son article premier, reprend les dispositions constitutionnelles ci-dessus. Cette loi promulguée à la fin de l’année 1990, a vu les premières formations politiques apparaître quelques mois plus tard. Rien que pour la seule année 1991, 57 partis politiques ont été légalisés, comme on peut le découvrir dans le dernier ouvrage de Bernard Messengue Avom publié cette année aux Editions CLE : « La représentation politique au Cameroun. Genèse et particularités ». Il faut d’ailleurs souligner que cette année-là est aussi celle qui a vu naître le plus de formations politiques au Cameroun. Preuve sans doute de l’aspiration des Camerounais à exprimer librement leurs opinions et à ne plus prendre le maquis pour le faire, comme l’avait souhaité quelques années auparavant, le président de la République, Paul Biya. Aujourd’hui, le pays atteint la barre des 300 partis politiques officiellement légalisés. Un record qui traduit sans doute la soif des Camerounais de faire valoir leurs idées à travers ces regroupements.
La création des partis politiques au Cameroun se fait librement selon les dispositions de l’article 2 de la loi susmentionnée. A quoi servent ces quelques 300 partis politiques dans le microcosme camerounais ? Sans doute à animer l’espace politique. D’autres diraient à occuper l’espace médiatique. Combien sont-ils qui remplissent véritablement les deux principales fonctions qui leur sont reconnues, à savoir : premièrement servir d’intermédiaire entre le peuple et le gouvernement. Dans ce cas, le parti élabore un programme qui lui permettra, au cas où il remporte les élections, de gouverner. Ceux de l’opposition doivent dès lors présenter des programmes alternatifs à ceux de la majorité gouvernante. Ensuite, ils ont pour fonction, la conquête et l’exercice du pouvoir. Selon des données collectées auprès du ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (MINATD), moins d’une trentaine de partis politiques participent à l’exercice du pouvoir, soit en l’exerçant directement ou simplement par le biais d’élus que l’on peut retrouver au sein d’un organe d’exercice du pouvoir, le plus petit étant le conseil municipal. Le nombre de partis politiques qui existent en ce moment pose-t-il un problème ? Le débat est ouvert.

Par Jean Francis BELIBI (CT)

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