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Suzanne Kala Lobe : « Je gagne 135.000 Francs Cfa à la Nouvelle Expression en 22 ans de carrière »

lundi 25 mars 2013


Journaliste et membre du Conseil National de la Communication, elle retrace ici son parcours, parle des différents défis qui l’attendent au sein de ce Conseil, pense que Charles Ateba Eyene est un populiste, en même temps critique l’inorganisation de la diaspora.

A la suite du décret présidentiel, du 22 février 2013, vous avez été nommée comme l’un des 9 membres du Conseil National de la Communication (Cnc). Pensez-vous que ce soit une reconnaissance de la part du Chef de l’Etat ou le résultat de votre travail ?

Que cela soit le résultat de mon travail, que ce résultat soit couronné par cette nomination, c’est une reconnaissance du travail. Puisque objectivement, je ne connais pas le Chef de l’Etat. Je ne fréquente pas les hautes sphères et ne fais non plus de lobbying. Pour cela, je suppose qu’on a essayé de regarder dans les milieux professionnels, toutes les différentes familles confondues, pour voir quels sont ceux qui ont un profil d’indépendant. Car, ce ne sont pas forcement les politiques qui peuvent être membres de ce conseil.

Après votre prestation de serment le 06 mars dernier, quel est votre challenge ?

Ah ! C’est un challenge important. D’abord, on a besoin d’assainir le secteur de l’univers communicationnel. Ensuite, structurer le milieu et l’organiser. C’est-à-dire, sortir ce milieu de l’informel à tout point de vue : l’informel dans les locaux, l’informel dans les matériels, l’informel dans le traitement du personnel. C’est cet ensemble d’opérations qui nous semble permettre qu’on ait une meilleure qualité dans les contenus des programmes d’informations, dans la publicité, ainsi que les tenues d’antennes. Nous voulons réduire au maximum le nombre de plaintes par diffamation. Car, chaque fois qu’il y a diffamation cela veut dire qu’il y a un problème. C’est cela notre challenge.

On vous connaît comme brillante journaliste mais aussi comme femme de poigne. Pourtant vous n’avez jamais pensé faire ce métier. Si vous nous parliez un peu de vous. Qui est Suzanne Kala Lobe ?

(Rires). C’est la personne que vous voyez devant vous. Je suis rentrée au Cameroun il y a 22 ans. J’entre dans le journalisme par hasard, mais surtout pour rendre hommage à mon père, parce que lui-même était journaliste. Je me suis alors dit : pourquoi pas ce métier ? Sans que cela soit le métier que j’aime le plus au monde. Je passe mon temps à faire du sport, à voyager, de temps en temps à faire des conseils en communication et à écouter de la musique. J’ai aussi trois projets éditoriaux qui attendent d’être sortis. Le premier est un roman-essai. Il s’intitule : « les chroniques du manguier », fruit de mes 60 ans de vie.

Ensuite, il y a un document qui est mon mémoire de DEA obtenu en science politique à l’Université de Bordeaux, qui portait sur les « grandeurs et dissidences au sein d’un parti politique : cas de l’UPC ». Enfin, un travail que j’avais commencé avec Jean-Célestin Ejangue, quand il était au Cameroun, ceci sous la houlette de feu TOM YOM’S. Depuis 2006 on avait décidé d’écrire sur les 50 ans de la musique de variétés Camerounaise. Parce que cette musique commence en 1956.

A 10 ans, après vos études à l’école Petit Joss D’Akwa, vous partez pour la France où vous effectuez vos études secondaires et supérieures. Le parcours est plutôt élogieux : Un doctorat en linguistique en 1976, un MBA en management culturel en 1989 et un DEA en science politique en 1997. Une vraie intellectuelle au sens large du terme. Beaucoup vous auraient attendue dans les amphis, mais que non. N’avez-vous jamais songé à enseigner ?

Je ne pense pas que je pourrais enseigner. Car, pour enseigner il faut des qualités, des capacités et beaucoup d’humilité avec son propre savoir. J’admire beaucoup les enseignants, qui ont du savoir et qui le dispensent avec plein de calme et de générosité. Je n’ai pas fait d’études supérieures pour enseigner, c’est une erreur. Cette formation de haut niveau c’est pour que l’on soit, où qu’on se trouve, toujours capable de faire progresser l’environnement intellectuel.

En 1991, après le décès de votre père, vous décidez de rester au Cameroun. En 1992, vous faites votre première chronique à la Nouvelle Expression, avec un titre fort évocateur : « ma candidate serait une femme ». A qui faisiez-vous allusion à l’époque ?

Je ne faisais pas allusion à quelqu’un que j’avais dans ma tête, mais aux profils de femmes comme ma mère. Elle fait partie des premières générations d’intellectuelles, mais elle est restée enracinée dans l’éducation africaine. Donc, ce profil m’intéressait comme candidate et en plus il fallait qu’on commence à penser à la transition.

Vous animiez plusieurs tranches d’antennes en 2003 sur Radio équinoxe. On peut citer l’émission « polémos », ainsi que « livres noirs et musiques d’Afrique ». Aujourd’hui c’est l’émission « vendredi soir » à la télévision équinoxe. Pourquoi avoir abandonné la radio ?

Non, Je n’ai pas abandonné la radio. On m’a suspendue d’antenne.

Vous dites que la pratique du métier de journaliste vous choque de nos jours. Spécialement la manière dont la jeune génération l’exerce. Que leur reprochez-vous au juste ?

De nos jours, je suis entourée de jeunes. Moi j’ai commencé tard dans ce métier. Au moment où j’arrivais, il y avait des personnes plus vieilles que moi, donc cela n’était pas facile. Mais les jeunes de maintenant sont pires, surtout ceux de la presse privée. A l’époque on était porté par un idéal et pour nous, l’espace médiatique n’était qu’un moyen de faire véhiculer la pensée et faire avancer les libertés publiques, on était sensible au contenu. De nos jours, les deux tiers des journalistes des medias, privés surtout, font du journalisme télé ou radio, sans beaucoup de consistance. Le contenu n’est pas travaillé, c’est un moyen pour eux d’incarner des héros et de se faire voir au quartier.

Cela n’est-il pas dû aux mauvaises conditions de travail ?

Moi je gagne jusqu’à maintenant, à la Nouvelle Expression, 135.000 Francs Cfa et à la radio et télévision 200.000 Francs Cfa. J’ai toujours cherché à compenser. Les conditions sont meilleures aujourd’hui que celles qu’on pratiquait avec nous.

En 2009, dans l’une de vos chroniques, vous adressiez une lettre à la diaspora. Que leur réclamiez-vous exactement ?

Rien, a priori. Mais, au même titre qu’elle se sent libre de dire ce qu’elle pense de nous, de la même façon, je dis ce qu’on pense d’eux. En fait, le terme Diaspora est un terme générique pour parler de ceux qui sont à l’extérieur. Mais ce qui m’agace, c’est la perception qu’on a, de l’extérieur, de notre pays. Et cette perception est tellement unilatérale qu’elle les empêche d’avoir quelque nuance que ce soit. Ce que je reproche à tous ceux qui sont de la Diaspora, c’est le fait d’oublier que le Cameroun est un pays comme les autres, avec ses contradictions, avec ses excès et que si on a envie de changer les choses, on n’a pas tellement le choix : on est obligé de rentrer au pays. Cette communauté n’est pas organisée, comme une diaspora, donc elle ne peut pas peser lourd.

On vous voit ces derniers temps sur plusieurs fronts, notamment à Hysacam, à la Nouvelle Expression. Cela ne freine-t-il pas vos activités au CNC ?

Non, Parce qu’il faut savoir en quoi consiste mon travail. En dehors du fait qu’à la Nouvelle Expression, je signe les chroniques et que pour les émissions de télévision j’ai obligation de présence, en réalité tout ce que je fais se tient en une seule chose : comprendre la société camerounaise et agir sur elle. Ce qu’on me demande au CNC, c’est de comprendre le milieu médiatique, avoir des outils d’analyses.

Vous affirmiez, en 1992, que le Président Paul Biya était la continuité d’Ahmadou Ahidjo. Il vous a nommée aujourd’hui. Avez-vous changé d’avis sur lui ?

Non, d’abord je ne l’ai pas affirmé de cette façon. C’est que nous de l’UPC, Manidem, disions que le RDPC était la continuité de l’UNC. Mais en réalité, c’est une mauvaise lecture, parce que l’UNC a explosé en plusieurs factions : l’UNDP, le SDF, l’UDC, l’ADD. On ne peut pas dire que le RDPC est la continuité dans l’absolu. Qu’il m’ait nommée ou pas, l’évolution politique montre qu’il y a interaction entre différents acteurs.

Que pensez-vous des personnalités suivantes :


Charles Ndongo ?

C’est mon professionnel préféré.


Alain Belibi

Je l’aime beaucoup.


Achille Mbembe

C’est un brillant intellectuel, sauf que je ne sais pas où il va.

Charles Ateba Eyene

C’est un démagogue et un populiste.

D’après Charles Ateba Eyene « le Cameroun serait sous la dictature des sectes et du magico-anal ». Avez-vous eu écho de cela dans votre environnement professionnel. Quels conseils pour les jeunes ?

Je trouve grave qu’un intellectuel se lève et fasse des accusations de ce genre. C’est dangereux, l’attitude, d’Ateba Eyene, qui consiste à dire tout haut ce que les autres pensent tout bas. Il faut faire une enquête. C’est possible que parmi les dirigeants il y ait des homosexuels. Si le sexe est un moyen de promotion c’est répréhensible. Mais qu’il globalise et indexe certaines personnalités, même s’il ne cite pas les noms, ce n’est pas sérieux. Je pense qu’il faut l’attaquer en diffamation. Maintenant, pour les jeunes, je recommande le travail, rien que le travail.

Revenons au CNC : quelles sont vos espérances ?

Je suis au CNC pour travailler, cela veut dire que s’il y a échec c’est mon échec. On nous a nommés pour donner corps et un contenu à cet organe. Nous devons le rendre opérant et totalement vivant.

Propos recueillis par ARMAND-RODOLPHE DJALEU(Cameroon-info.net)

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