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Spectacle : On m’a dit que... Essindi Mindja revient.

jeudi 28 mai 2015


Le défunt grand nom de l’humour camerounais a réapparu sous les traits de Major Asse.

A quand le spectacle à Yaoundé ? Major Asse a promis… le 20 juin 2015 ! En attendant, le public de Douala n’a pas encore oublié le délectable hommage rendu par le jeune artiste à celui qu’il considère comme son père spirituel, Essindi Mindja. C’était il y a un peu plus de 10 jours, le 15 mai dernier à l’Institut Français du Cameroun.

Essindi Mindja, ça fait dix ans qu’il est parti. Lui, décédé le 25 juillet 2005. Et depuis, sa veuve Rosalie, qui était ce vendredi-là sur les planches de l’Ifc avec Major, essaie avec beaucoup de difficultés d’entretenir la flamme de l’humour décapant de l’auteur de l’œuvre « Le Mvet : la guerre du fer ». Essindi Mindja, physique atypique, maniant la langue comme personne, plus comme un professeur de français qu’un enseignant d’histoire-géographie – ce qu’il était –, regard au vitriol sur la société et ses maux, en a influencé plus d’un. Parmi eux, Major Asse, la « copine » nationale. La première pièce qu’il interprètera au théâtre sera celle de son maitre, quelques mois avant sa mort. Et après cela, celui qui est encore étudiant est définitivement saisi par la passion du jeu. Il quitte les bancs de l’université.

Et à l’Ifc de Douala, Major Asse a parcouru les sketches de celui qui aura porté l’humour camerounais à son firmament aux côtés des Jean-Miché Kankan, Jimmy Biyong, Dave K. Moktoi, Narcisse Kouokam et autres. Avec une personnalité exubérante qui a su seoir aux productions d’Essindi Mindja, Major Asse a été, « Mgbemgbès », il a bien rigolé sur « les chiens de mon patron », se moquant de « Gilbert » avec sa célèbre réplique « t’as pas chaud ? », il a pleuré son alcoolo d’ami « Loubara », s’est informé du dernier potin à la mode : « on m’a dit que… ». Il a aussi détourné la fable « Le laboureur et ses enfants » de Lafontaine pour « le commerçant bamiléké et son fils ». Alors que Rosalie Essindi se plaignait de « Sebas » et contait les mésaventures du « planton ». Pour le plus grand plaisir des spectateurs qui se sont parfois étouffés de rire pour certains.

Avec adresse, Essindi Mindja savait aussi pratiquer l’autodérision. Mais finalement, derrière son humour caustique et ses pointes pleines d’ironie, l’humoriste se posait des questions essentielles. Sur le choc des cultures, pas seulement occidentale et africaine, mais aussi les us et coutumes des ethnies, le côté destructeur de l’alcool, les dangers de la rumeur, les faux-semblants, la lutte des classes. Et au bout de toutes ces saynètes, on est sûr d’une chose. Essindi Mindja connaissait tellement la langue française qu’il savait la plier à sa volonté et à ses intentions. Comme dirait Césaire, « à son vouloir-dire ». Pour garder l’illustre disparu au plus près, le public a eu l’occasion d’acheter des disques audio et vidéo de l’artiste.

Par Rita DIBA (Cameroon Tribune)

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