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Song de cloche

mardi 13 juin 2017


Bien portant, Rigobert Song Bahanag n’aurait jamais imaginé qu’il ferait autant l’unanimité au sein du peuple camerounais. Ce d’autant plus que durant sa longue et riche carrière sportive, le capitaine qui a le plus incarné l’ « esprit Lions » dans l’histoire de l’Equipe nationale de football du Cameroun a souvent essuyé des critiques acerbes des supporters, toujours aussi versatiles. L’épisode de la finale de la Can 2008, où les Pharaons d’Egypte avaient bénéficié de la « magnanimité » de « Magnan » pour se hisser sur le toit de l’Afrique, reste frais dans les mémoires.
Mais l’accident vasculaire cérébral (Avc) de Rigobert Song a rappelé aux uns et aux autres qu’il fait partie des « Dieux vivants » du football camerounais, à l’instar de Roger Milla, Thomas Nkono ou, plus proche de nous, Samuel Eto’o Fils. Ces footballeurs ont tout donné à la patrie et ils méritent la reconnaissance de la nation. Pour eux, aucune dépense de souveraineté, aucun sacrifice collectif n’est démesuré. Pour ces légendes vivantes, aucune clémence n’est de trop.

Revoilà donc « Rigo » porté par la clameur populaire, comme à la bonne vieille époque où il faisait chavirer, à coups de tacles ou de tête rageurs, ses fans dans les stades. A la seule différence que cette fois-ci, à peine conscient, il était allongé sur un lit, en partance pour l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen où l’attendait un avion médicalisé affrété « sur instruction du chef de l’Etat ». Le ballet des membres du gouvernement, et la visite particulièrement médiatisée du secrétaire général de la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, ont fait du cas Song, une affaire d’Etat. On aurait aimé voir les mêmes gros bonnets à l’hôpital Laquintinie, lorsqu’une césarienne barbare a été pratiquée sur Monique Koumatekel ou à l’hôpital central de Yaoundé lorsqu’une dame a dramatiquement perdu ses quintuplés. Passons. Au Cameroun, une vie n’en vaut pas une autre.


Rigobert Song
parti en France, le débat sur les évacuations sanitaires resurgit au Cameroun. Ce privilège est-il réservé à une catégorie de citoyens ? Combien ces évacuations coûtent au trésor public ? Les hôpitaux camerounais ne sont-ils que des mouroirs qui ne méritent pas d’accueillir des personnes d’un certain rang social ? Les plateaux techniques qu’on y trouve sont-ils toujours inadaptés ? Pourquoi les Camerounais (notamment les gouvernants) n’ont-ils pas confiance dans leur système de santé ? Faudra-t-il recourir aux évacuations sanitaires lorsque des cas importants viendraient à survenir pendant les coupes d’Afrique des nations de 2016 et 2019 qu’organise le Cameroun ?

Des questions et bien d’autres qui méritent une communication gouvernementale, sans faux-fuyants, ni folklore. Après quoi, il faudra absolument agir sur les points critiques de notre système de santé, principalement en ce qui concerne le relèvement de la qualité du plateau technique. Le niveau d’indigence en la matière dans certains hôpitaux publics, notamment dans les zones rurales et périurbaines, est tel que, pendant que certains sont évacués en France, en Afrique du Sud ou au Maroc, des Camerounais vivant dans l’arrière-pays se battent plutôt pour être médicalement pris en charge à Yaoundé ou Douala.

Il urge également de voir le gouvernement se pencher sur la question de la fuite des cerveaux dans le domaine de la médecine au Cameroun. Selon les chiffres communiqués par l’Ordre des médecins, pour une population de près de 22 millions d’habitants, le Cameroun compte 2100 médecins fonctionnaires, soit un médecin pour plus de 10.000 habitants. Ce qui est largement insuffisant. Du reste, l’Ordre signale que 6500 médecins camerounais exercent à l’étranger, faute d’un traitement salarial et d’un environnement de travail commode.

Après l’affaire Koumatekel, le cas Rigobert Song, qui déchaîne les passions, devrait être un mal pour un bien, en vue de l’amélioration de notre système de santé. Pourvu qu’on sache en débattre, sans flagornerie, ni acrimonie. Tous les…Song de cloche sont les bienvenus.

Par Georges Alain Boyomo

Source : MUTATIONS DU VENDREDI 7 OCTOBRE 2016

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