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Sérail : Que signifie le silence inattendu de Marafa ? Où sont passées ses correspondances ?

dimanche 10 mars 2013


Habitués à l’activité épistolaire de l’ancien Secrétaire Général de la Présidence de la République, écroué à la prison secondaire de Kondengui (Le SED) pour 25 ans de prison, les lecteurs de ses lettres sont sevrés depuis peu pour des raisons pour l’instant inconnues. Marafa Hamidou Yaya qui s’est subitement découvert les qualités d’un écrivain aurait-il perdu l’inspiration ? Ou alors que le silence des geôles et le poids des 25 années d’emprisonnement commencent à jouer négativement sur ce jeune écrivain en perte de repères ? Autant de questions que l’opinion se pose après le sevrage brusque des lettres de Marafa. Sa dernière parution remontant en début de mois de février lors de la visite de Paul Biya en France par le biais du journal français « libération ». Son silence bouleverse l’opinion publique alors qu’on s’attendait à des correspondances plus dévoilantes après sa condamnation. Lors d’une interview à lui accorder par certains organes de presse, on a remarqué un Marafa qui a perdu sa verve, apaisé et modéré dans un langage politique, conciliateur contraire à ses premières correspondances « missilières » dont les contenus visaient ni plus et ni moins à plonger le pays dans la catastrophe. Selon nos sources, son frère du Nord et Ministre de la Communication, Porte-parole du Gouvernement aurait interdit les publications sur haute Instruction.

Entre temps, les sources véhiculaient l’existence des contacts poussés entre Marafa et Biya, d’autres présageaient même une éventuelle réconciliation entre les « deux frères ennemis » s’ils méritent d’être appelés ainsi. Mais au finish, après sa condamnation à 25 ans d’emprisonnement ferme, avec son co-accusé Yves Michel Fotso, les Camerounais et l’opinion publique internationale ont fini par comprendre que force est restée à la loi. Cette situation permet de tirer des leçons pour tous les ministres sortis du moule de Paul Biya qui rêvent prendre sa place à travers des connexions ou par coup de force devraient, au préalable, se référer à la piteuse situation de Marafa Hamidou Yaya. Ce dernier aurait opté pour le silence soit par la fatigue causée par la déception que lui-même avait évoquée après sa condamnation à 25 ans de prison.

Et pendant que ses réseaux s’altèrent à peaufiner d’autres plans pour le tirer d’affaire, Marafa encerclé dans une cellule en solitude regrette et pense à ses beaux jours passés à l’intérieur d’un régime qui lui était favorable en tout et pour tout. Grand fonctionnaire à la SNH, Secrétaire Général de la Présidence de la République, Ministre d’Etat chargé de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, ami intime à Sarkozy, dauphin déclaré de Paul Biya après 2011, père fondateur de Brutus, Conseiller politique de Bolloré au Cameroun, ami intime à Tur¬pin, PCA du FEICOM, maître à jouer de toutes les arcanes du pouvoir, le Ministre Marafa était un homme confiant en sa destinée qui le présageait à la Présidence de la République du Cameroun après son poste de MINATD.

Les membres du Gouvernement Marafa

Son prochain poste de Président de la République du Cameroun lui avait déjà permis de choisir dans toutes les ethnies ses hommes de confiance et ses amis personnels comme l’a fait Paul Biya. Imaginez Etoundi Ngoa Laurent à la primature dans le régime Marafa, Yves Michel Fotso aux finances, la première fois au Cameroun que la gestion des finances publiques soient attribuée à un originaire de l’Ouest. Le président Marafa voulait saccager les barrières politiques de Biya, où certaines tribus ne pouvaient accéder à certains postes.

Dans son programme de gouvernement du Cameroun, Préfets, Sous-préfets et Gouverneurs étaient nommés en fonction de ses aspirations, comme pour dire que certains chefs de terre nommés par Marafa aujourd’hui sont en disgrâce. Dans cette machine de l’ex MINATD, toutes les forces mystiques mises sur pied prévoyaient Paul Biya atteint par une crise fatale qui devait le tuer, René Emmanuel Sadi envoyé en exil forcé, Jacques Fame Ndongo emprisonné à vie dans une cellule inhumaine, et Martin Belinga Eboutou tué par des malfrats acquis à la solde du nouveau régime, Amama Benjamin réhabilité.

L’Honorable Koh Songoh, Directeur du Cabinet Civil, Turpin, Directeur Général de la Société Nationale des Hydrocarbures. Tous les membres du G11, y compris Titus Edzoa, libérés de leur prison et mis en résidence surveillée pour mieux contrôler leurs mouvements, car la confiance n’exclut pas la méfiance. Emile Andze au Ministère de la Santé Publique, le gouvernement d’union nationale devait voir le jour avec Ndam Njoya, Ni John Fru Ndi, Kah Walla, Ekindi Jean Jacques et Garga Haman Adji pour stabiliser la paix sociale dans le pays, tous les Généraux d’Armées de plus de 70 ans devaient prendre la retraite et mis dans un camp de concentration de haute sécurité, les jeunes Colonels devaient accéder au rang de Général.

Le Chef de I’Etat Marafa lui même devait être Ministre de la Défense tandis que le Divisionnaire Ousmanou Bouba dirigerait la Police. L’Assemblée Nationale serait aux mains des Anglophones avec comme Président l’Honorable Ayah Paul, dont la démission au sein du RDPC serait l’œuvre de Marafa, Jules Doret Ndongo devait être le MINATD et la Gendarmerie Nationale commandée par Adoum Gargoum. Les autres postes de directeurs généraux des sociétés selon que l’opportunité se présenterait.

Pour tout dire, le Ministre Marafa a vu s’ouvrir un ciel obscur le jour de son arrestation. Il s’est engouffré davantage après la chute de Nicolas Sarkozy. Son réseau qui jusque là continue les manœuvres n’ose plus se montrer au grand jour malgré Etoundi Ngoa qui n’a jamais caché son adhésion à ces idéaux, qui a tout fait pour lui. L’alternance en 2018 se passera certainement comme le 04 Novembre 1982, d’une manière ou d’une autre, car le Cameroun reste un pays de paix n’en déplaise.

Source:L’épervier

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