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Protais Ayangma :« Je suis un passionné. J’ai besoin de challenges, de pression… »

lundi 11 mai 2015


Après 30 années d’expérience dans la gestion d’une compagnie d’assurance, Protais Ayangma, ex-président de la Fanaf, fondateur de la Citoyenne d’Assurances, actuel président du mouvement patronal E.Cam et éditeur du journal quotidien Mutations, a quitté Saham Cameroun le 30 avril 2015. Au lieu rester au sein du groupe marocain Saham où on lui proposait de bonnes perspectives dans la coordination d’un ensemble de filiales africaines, le Camerounais veut se consacrer à de nouveaux défis et à ses projets personnels. Entretien.

Agence Ecofin : Vous quittez Saham Cameroun après environ 30 ans dans la gestion d’une compagnie d’assurance. Pourquoi quittez-vous la direction générale de Saham Cameroun alors que le groupe marocain Saham qui a repris Colina La Citoyenne, vous offre de bonnes perspectives ?

Protais Ayangma : 30 ans c’est quand même un sacré bail ! Nous sommes si critiques à l’égard de nos gouvernants que nous devons nous-même apprendre à céder la place... Je ne suis pas un rentier. Je suis un passionné ; j’ai besoin de challenges, de pression. J’ai besoin de me remettre en cause en permanence.

Je n’ai pas une conception biblique du travail. Pour moi, le travail n’est pas une punition, mais un vrai plaisir. J’avais peur de ne plus m’amuser. Je crois avoir donné et je voudrais capitaliser ma riche expérience au profit du développement de l’assurance dans une approche plus macroéconomique.

AE : Vous quittez Saham Cameroun avec une riche carrière de gestionnaire d’une compagnie d’assurance et avec au compteur six années de présidence de la Fédération des sociétés d’assurances de droit national africaines (Fanaf). Quand vous dites que vous voulez capitaliser votre riche expérience au profit du développement de l’assurance, cela veut-il dire que vous comptez mettre votre expertise au profit des pays et des entreprises qui souhaitent implanter des compagnies d’assurances ou des pays qui veulent se doter d’une politique efficace en matière d’assurance ?

PA : Je capitalise en effet une inestimable expérience dans le domaine des assurances comme fondateur, gestionnaire d’une compagnie d’assurance, doublée de celle de président d’une association nationale et panafricaine de sociétés d’assurances, complétée par une expérience dans la régulation, comme membre de la commission régionale de contrôle. Donc, témoin des dérives des compagnies et expert auprès de la CIMA. Débarrassé de la gestion quotidienne, je voudrais réfléchir et accompagner les gouvernements et les associations professionnelles dans la mise en place de politiques d’assurances plus volontaristes afin de permettre à l’assurance de jouer son rôle de sécurisation des biens et des personnes et de financeur de l’économie nationale.

AE : Parlant de sécurisation des biens et des personnes, l’on a par exemple régulièrement au Cameroun des incendies dans des marchés du pays. Comment devrait-on, d’après-vous, procéder pour éviter que l’Etat et les commerçants dépensent moins pour la reconstruction de leur marché et de leurs stocks ?

PA : La récurrence des incendies dans les marchés du pays fait peur aux assureurs. Pourtant, la solution est assurancielle et dans la prévention. La méthode des assureurs consiste à analyser les risques, détecter les vulnérabilités et les mitiger avant de les assurer. Les incendies qui endeuillent les commerçants sont souvent le fait des négligences, de fautes gravissimes, de la passivité des autorités qui laissent faire, par exemple, la construction sur les bouches d’incendie...

AE : A présent, dans quel état laissez-vous Saham Cameroun ?

PA : Saham Cameroun se porte bien. Le dernier contrôle sur place de la CRCA (commission régionale de contrôle des assurances) a conclu que sa situation était conforme. Les ratios de couverture des engagements réglementés et de solvabilité sont bons ainsi que la cadence de règlement des sinistres. Saham a également déféré à l’injonction de la CIMA de procéder à l’annulation de tous ses arriérés.

AE : Aujourd’hui, quelle est la géographie du capital de Saham Cameroun ?

PA : Le groupe Saham détient 55% du capital et les Camerounais 45%. Malgré cela, la présidence du conseil d’administration et la direction générale sont assurées par des Camerounais. C’est un partenariat solide, basé sur la confiance réciproque.

AE : De la Citoyenne à Saham Cameroun en passant par Colina, quels ont été les obstacles majeurs auxquels vous avez fait face ?

PA : De La Citoyenne à Colina, le défi a été de passer d’une société nationale à une petite multinationale africaine avec des obligations de reporting et des audits. De Colina à Saham, le défi était de passer d’une société africaine à une société intercontinentale, travaillant avec des standards internationaux… Nous n’avions pas d’autre choix que de nous adapter !

AE : Colina a absorbé en 2006 La Citoyenne d’assurances dont vous êtes le fondateur. Puis, en 2010, Saham a, à son tour, absorbé Colina. Les deux groupes vous ont bien entendu laissé diriger la compagnie. Avec l’arrivée successive des Libanais et des Marocains, comment s’en tire Monsieur Ayangma à chaque fois et avec quel retour sur investissement ?

PA : C’est très courant dans notre secteur les absorptions. L’effet taille est important dans notre métier. Ce que cela suggère est que notre société était suffisamment intéressante pour retenir l’attention d’investisseurs aussi prestigieux... Pour nous, notre intérêt était de pérenniser la société de bénéficier de l’expertise et du savoir-faire de nos partenaires et la force de son réseau, même si cela s’est fait au prix d’un partage de pouvoirs. Ce qui au demeurant n’est pas une mauvaise chose.

AE : Quelle image ou alors quelle action principale voudrez-vous que vos employés et collaborateurs à Saham Cameroun gardent de vous ?

PA : Celle d’un patron juste et exemplaire, soucieux de leur épanouissement personnel. Quant à l’action qu’ils auront retenue, chacun choisira dans notre long compagnonnage, celle qui lui aura parlé. Je peux citer les journées "semailles", sorte de retraite bisannuelle de tout le personnel en dehors de notre siège au cours desquelles les barrières hiérarchiques tombent...

AE : Après la modification en 2011 de l’article 13 du Code des assurances, relatif à la souscription et à l’encaissement des primes par le Conseil des ministres en charge des assurances des pays membres de la CIMA, comment évaluez-vous à ce jour l’évolution du taux de règlement des sinistres au Cameroun et en Afrique centrale d’une part et l’évolution du chiffre d’affaires des compagnies d’assurance du Cameroun d’autres part ?

PA : La réforme de l’article 13 constitue, après le traité CIMA signé en 1992, la plus grande réforme intervenue dans le domaine des assurances et je suis fier d’y avoir œuvré. Elle a créé un véritable cercle vertueux : en un an, le taux d’encaissement est passé de 55% à plus de 95%, le montant des sinistres payés a augmenté même si pour l’instant dans des proportions plus modestes, les sociétés d’assurances sont devenues liquides et ont placé un peu plus dans les DAT, actions et obligations. Et contrairement à nos craintes, le volume des primes non seulement n’a pas baissé, mais il a augmenté dans toute la zone CIMA.

AE : L’on imagine qu’avec ce recul dans la gestion quotidienne d’une entreprise d’assurance, vous aurez aussi plus de temps à consacrer à vos entreprises et projets déjà en cours. L’on pense ainsi à la South Media Corporation qui édite le quotidien Mutations ou encore au groupement patronal E.Cam dont vous assurez la présidence. Comment envisagez-vous l’avenir de ces deux structures et comment comptez-vous vous y impliquer désormais ?

PA : Oui, ce sont mes dossiers prioritaires. Mutations aura 20 ans l’année prochaine. Il faut changer complètement son logiciel. Je travaillerai dans les jours prochains à un nécessaire repositionnement du journal sans en renier les fondamentaux qui ont fait son succès. Ce sera un autre journal. La presse est un pilier démocratique fondamental. Au lieu de la critiquer, il faut œuvrer à son relèvement qualitatif. E.cam, quant à elle, est victime de son succès. Cette organisation nécessite des ressources humaines que nos moyens financiers ne permettent pas d’avoir, car les PME n’ont pas d’argent. Nous compensons ce déficit par une implication personnelle très importante.

AE : On peut dire que le journal a connu avec ses directeurs de publication successifs trois phases de développement. La période Haman Mana (1997-2007), la période Alain Blaise Batongué (2007-2012) et la période actuelle avec un directeur de publication par intérim Xavier Messe (2012-2015). Quelle période vous a le plus marqué ?

PA : La période qui m’a le plus marqué, c’est sans hésitation la période Haman Mana. C’était les débuts. Il y avait beaucoup d’enthousiasme, beaucoup de foi et de la ferveur, même. Il y avait une équipe solidaire qui avait à cœur de prouver sa compétence et que rien, mais alors rien n’arrêtait. Beaucoup d’eau a coulé depuis sous le pont....Je suis nostalgique de cette période héroïque...

Propos recueillis par Beaugas-Orain Djoyum(agence ecofin)

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