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Paul Atanga Nji : « Les anglophones ont toujours reçu du chef de l’Etat, un traitement préférentiel »

samedi 26 novembre 2016


Le ministre chargé de mission à la présidence de la République, secrétaire permanent du Conseil national de sécurité, chef de la délégation permanente du RDPC dans la Mezam, explique.

Les manifestations de Bamenda ont remis au goût du jour « le problème anglophone », au point que certains manifestants demandent le retour au fédéralisme. Est-ce que les anglophones sont marginalisés au Cameroun ?

Je vais dire d’emblée et clairement que les anglophones ne sont pas marginalisés au Cameroun. Je dirais plutôt preuve à l’appui que le chef de l’Etat, S.E Paul BIYA, a toujours accordé aux anglophones un traitement préférentiel. Je suis surpris de ce débat qui n’a pas de sens. Les avocats ont commencé leurs revendications par la traduction des textes OHADA, la Common Law etc. Aujourd’hui, ces mêmes avocats parlent d’une prétendue marginalisation des anglophones et ils vont jusqu’à parler du retour au fédéralisme de 1961. C’est inacceptable et intolérable aucun homme de bon sens ne peut prendre ces avocats au sérieux.

Les enseignants ont aussi lancé un mot d’ordre de grève, cela veut-il dire qu’il ya malaise ?

Il n’y a pas de malaise, mais il y a plutôt manipulation. Il me semble qu’il y a deux associations des enseignants à Bamenda. Le CATU et le TAG. Le gouvernement a créé un cadre de dialogue pour recevoir les doléances de ces enseignants. Le ministre de l’Enseignement supérieur les a invités pour un dialogue constructif. Paradoxalement, ils n’ont pas honoré ce rendez-vous. Il est donc clair qu’ils ne sont pas préoccupés par les problèmes des enseignants. Et lorsqu’on lance un mot d’ordre de grève il faut être capable de contenir les manifestants. Je pense que les avocats comme les enseignants sont manipulés car ils ne parlent plus des problèmes de l’éducation, de la formation ou d’encadrement. Ils parlent plutôt d’une prétendue marginalisation des anglophones au Cameroun. D’aucuns évoquent même le retour au fédéralisme : c’est inacceptable. Les élites du Nord-Ouest et du Sud-Ouest ne permettront à quiconque de remettre en cause l’intégrité nationale. Le Cameroun est un et indivisible. S.E Paul BIYA a beaucoup travaillé pour la consolidation de l’Unité nationale. Personne ne la remettra en cause.


Qu’en est-il du système judiciaire dont-on parle beaucoup ?

Je sais que les avocats qui résident dans le Nord-Ouest et dans le Sud-Ouest évoquaient il y a quelque temps le problème de traduction des textes de l’OHADA. Mais est-ce suffisant pour paralyser certains tribunaux ? C’est une attitude qui ne se justifie pas. Un avocat a d’abord une relation avec son client. Vous ne pouvez pas prendre l’argent de votre client et être absent dans les tribunaux. C’est de l’escroquerie.


Y a-t-il une sortie de crise ?

Oui. Le gouvernement a créé un Comité pour examiner les doléances des deux groupes. Les avocats et les enseignants doivent être patients et le gouvernement examinera leurs problèmes. Il ne faut pas chercher à imposer un agenda au gouvernement. L’Etat ne peut pas accepter de tels écarts de comportement.

Le SCNC est plus radical. Ses dirigeants demandent le retour au système fédéral de 1961. Qu’en pensez-vous ?

Pour moi, c’est un non-sens. D’abord, le SCNC n’a aucune existence légale au Cameroun. Ceux qui se réclament de ce mouvement clandestin sont des imposteurs en quête de notoriété. Ils n’ont reçu aucun mandat pour parler au nom des anglophones. Les avocats qui observent encore la grève évoquent des problèmes liés à l’unité nationale. Il faut qu’ils sachent que le Cameroun est un Etat de droit : aucun écart de comportement ne sera toléré. Force restera à la loi. Les enseignants doivent repartir rencontrer les ministres en charge de leurs secteurs. Ils trouveront une solution à leurs problèmes.

Le SCNC dit que les anglophones n’ont jamais été nommés à certains postes importants…

Les postes importants signifient quoi pour vous ? Contrairement à ce que vous pensez, les anglophones occupent les postes les plus importants au Cameroun. Le directeur général du Trésor et le directeur général des Douanes sont tous originaires du Nord-Ouest. Le Premier ministre chef du gouvernement, le secrétaire permanent du Conseil national de sécurité, le directeur de la sécurité présidentielle, le président d’Elecam, le président de la Commission nationale des droits de l’Homme, le président du Conseil national de la Communication sont tous des anglophones. Il y a huit universités d’Etat, trois recteurs sont anglophones (Maroua, Buea, Bamenda). Il y a quatre ENSET (écoles nationales supérieures d’enseignement technique). Deux de ces écoles sont à Bamenda et à Kumba. L’hôpital de référence de Bamenda qui sera opérationnel avant la coupe d’Afrique des Nations 2019 sera le plus grand en Afrique centrale pour ne citer que ces quelques exemples.

Dans un tel contexte, comment peut-on parler de la marginalisation des anglophones ?

Ces faits démontrent à souhait que S.E M. Paul BIYA a toujours accordé aux anglophones un traitement préférentiel. Voilà pourquoi je vous dis que certains avocats et enseignants ont été manipulés. Il y en a qui ont reçu de l’argent de l’étranger et nous avons les traces. Ils en rendront compte le moment venu.

Les preuves que vous donnez démontrent que le Nord-Ouest est plutôt l’enfant chéri du Renouveau …

Il y a même plus. J’ai seulement fait un résumé des attentions particulières accordées par S.E M. Paul BIYA à notre région. A titre de rappel, il faut savoir que la première visite officielle du chef de l’Etat à l’intérieur du pays après le 6 novembre 1982 était à Bamenda le 9 février 1983. S.E Paul BIYA est revenu à Bamenda en octobre 1984 pour le premier comice agro-pastoral de l’ère du Renouveau. Le 24 mars 1985, le chef de l’Etat est revenu à Bamenda pour la naissance du RDPC. Le 10 décembre 2010, le chef de l’Etat, chef des armées, s’est rendu à nouveau à Bamenda pour le cinquantenaire de l’armée nationale. Vous voyez donc que le chef de l’Etat a décidé de célébrer tous les grands évènements politiques à Bamenda et pourquoi ne pas parler de la célébration du cinquantenaire de la réunification à Buea. Vous convenez avec moi que ceux qui parlent de la prétendue marginalisation des anglophones sont des imposteurs en quête de notoriété. Ils seront désavoués et dénoncés. Depuis ce matin, toutes les élites du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont mobilisées pour barrer la voie à tous ceux qui ont un mépris pour les valeurs républicaines et tenteront de remettre en cause l’unité nationale si chèrement acquise. Et lorsqu’on dit que les enseignants francophones ne devraient plus être affectés à Bamenda ou à Buea, cela a quel sens ? Les avocats disent qu’il faut créer les tribunaux pour les juges anglophones, cela a quel sens ? Il faut être sérieux. Est-ce que les langues étrangères doivent être facteur de divisions ? C’est un jeu extrêmement dangereux, car on parle de plus en plus de la promotion du bilinguisme au Cameroun. Chaque Camerounais devrait être fier de s’exprimer en anglais et en français. C’est cela l’intégration nationale. En tout cas, le désordre ne passera pas, force restera à la loi. Le président Paul BIYA a fait du Cameroun un pays démocratique où la liberté d’opinion est respectée. Mais il ne faut pas en abuser en évoquant des thèses insoutenables. Nous devons être fiers de notre diversité culturelle. Le calme est revenu à Bamenda et nous devons tous avoir un comportement républicain et conséquent car S.E, M. Paul BIYA place l’intérêt national au-dessus de toutes les considérations partisanes.


Propos recueillis par Louis D. Edzimbi(CT)

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