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Panique à Brazzaville, Sassou crie au complot de la DGSE.

jeudi 22 octobre 2015


Depuis une semaine les « incidents » se multiplient au Congo, en particulier à Pointe Noire la rebelle. Le dictateur Sassou Nguesso entend modifier la constitution afin de se présenter pour la troisième fois la présidentielle, alors que la charge ne peut être tenue plus de deux fois et que l’âge du président est limité à 70 ans et que Sassou est né en 1943… Dans la fièvre actuelle on peut voir aussi la main du tyran qui sait jouer de la stratégie de la tension.

Huit citoyens américains ont été appréhendés par les services de sécurité du Congo Brazzaville alors qu’ils tentaient d’entrer clandestinement dans la capitale congolaise. Huit « agents » américains ont été arrêtés alors qu’ils « essayaient » d’entrer à Brazzaville sans visa, via l’aéroport de Maya Maya. Selon les informations en notre possession, les Américains : Erick Olerud, Tom Kurtzwell, Edward Tucker, Tom Gunter, Aric Crey, Brian Bagwan, Steven Wltaker et John Mazzvehi n’avaient ni passeports, ni documents de voyages, alors qu’ils étaient « escortés » par un « cadre » congolais des services d’immigration, qui tentait de les faire entrer dans le pays. La vigilance d’un agent de sécurité à Maya Maya, qui a alerté les autorités, a donc conduit à leur arrestation et celle du « cadre » de l’immigration.

Tensions palpables dans le pays

Les américains ont été libérés dans la soirée après une intervention personnelle de l’ambassadrice américaine à Brazzaville qui s’est rendue sur place à l’aéroport. Il est clair que les huit citoyens américains sont des militaires ou des agents des services secrets américains. Plus surprenant, ces américains sont passés par Paris mais dans un transit sans visa pour le Congo. Les autorités de Brazzaville ne comprennent pas « comment et pourquoi » les autorités françaises ont laissé passer ces américains ?

« Ces pratiques sont une offense grave envers notre pays. Pensez-vous que l’Ambassadeur du Congo à Washington peut se rendre à l’aéroport de New York pour faire libérer des Congolais en irrégularité ? », S’interroge-t-on au palais de Sassou Nguesso… « Ça sent le complot ! Alors que la France refuse parfois même le visa de transit aux fonctionnaires congolais en mission »... La tension est très palpable dans la capitale congolaise (depuis l’annonce du référendum) qui pourrait offrir un troisième mandat à Sassou Nguesso, revenu au pouvoir après une sanglante guerre civile qui a fait des centaines de milliers de morts en 1997. Plusieurs « mercenaires » auraient été arrêtés, ainsi « qu’une importante quantité d’armes saisie ». Les services de renseignements français, la DGSE, sont soupçonnés d’être derrière ce recrutement, ainsi que ceux de congolais vivant en Afrique du Sud.


Des documents accablants

Il est clair qu’en expert de la stratégie de la tension, le sanguinaire dictateur qui règne que le Congo depuis 30 ans, a tout intérêt à se présenter comme menacé par des « forces étrangères », qui plus est l’ex-colonisateur. C’est pour lui, le moyen de mobiliser l’opinion et de justifier, si besoin en est, la répression la plus terrible.

En juillet dernier, Opinion internationale (OI) (1), un site consacré aux opinions et aux libertés, avait révélé des documents accablants sur les abus ordinaires de Sassou. En septembre 1999, il aurait signé un « Plan d’activités », ordonnant de « dépeupler » les fiefs de l’opposition, de « maintenir les fugitifs dans les forêts par la terreur du pilonnage et les pousser à la mort lente par la famine et les maladies », ou encore de « brûler tout jeune en âge de combattre en provenance des zones à forte résistance »… Décidément grand humaniste, le tyran de Brazza demandait aussi « de pilonner et bombarder les lieux à forte concentration humaine, marchés, églises, écoles ». L’objectif était même quantifié : « 125.000 personnes tuées, 275.000 fugitifs et 40.000 exils forcés ». En janvier 2000, un autre courrier officiel ordonnait des crimes systématiques pour, selon ses termes, « continuer de nous appuyer sur la force comme moyen essentiel de la conservation du pouvoir »… Et de citer Mao Zedong : « Le pouvoir est au bout du fusil ». D’après OI, ces documents accablants ont récemment été transmis notamment à la Cour pénale internationale (CPI) et au Haut-Commissariat aux droits de l’Homme des Nations unies.

Il est évident que le Congo ne peut se passer d’un tel bienfaiteur à sa tête. Une certitude, Hollande qui adore bombarder les dictateurs n’a pas encore programmé un raid de Rafales sur Brazzaville.

Par Jacques Marie Bourge (mondafrique.com )

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