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Olivier Bilé : « L’UPF est un parti né par la grâce de Dieu »

samedi 12 octobre 2013


Le président de l’Union pour la fraternité et la prospérité (UFP) nous a accordé un entretien exclusif après sa victoire historique à la mairie de Yabassi.

L’UFP, trois ans à peine après sa création, a obtenu la majorité absolue à Yabassi contre le RDPC, lors des municipales du 30 septembre 2013. Comment expliquez-vous cet exploit ?

Par ce scrutin, les Camerounais nous découvre de nouveau car, nous étions déjà dans les esprits lors de l’élection présidentielle de 2011 et au cours de laquelle nous avons présenté une offre politique nouvelle et alternative très puissante, qui s’appelle le foyisme politique. Chacun a pu constater que l’UFP s’inscrivait dans la dynamique d’une organisation qui venait dans un espace où l’offre politique était relativement pauvre. Les Camerounais se sont manifestés de manière assez importante en faveur de cette conception nouvelle de la politique, parce qu’ils se sont rendus compte que nous avions fait le bon diagnostic.

Celui qui consistait à dire que le mal fondamental qui mine la société camerounaise, c’est la corruption des esprits du sommet à la base, des populations les plus lettrées aux populations au plus bas de l’échelle. Et partir de là, il est apparu clairement que le référentiel éthique et moral que nous convoquions pour opérer ce que nous appelons le redressement moral reposait précisément sur cette nouvelle philosophie politique.


Cette victoire vous a-t-elle surpris ?

Nous ne sommes pas surpris car en réalité, quand vous allez à une bataille, ce n’est pas pour perdre. Nous avions sur le terrain un certain nombre d’acteurs présents dans les quatre localités où nous étions en compétition, à savoir dans les mairies de Yaoundé VI, de Yabassi, de Nguelemendouka et de Doumé. Néanmoins, je dois dire qu’il y a là une surprise agréable dans le sens où au Cameroun, il y a une certaine conception de la démocratie qui a tendance à vouloir confiner les gens dans ce que je pourrais appeler une démocratie villageoise ; une sorte de repli identitaire qui met en œuvre une sorte d’anti républicanisme.

Nous sommes plutôt dans une perspective de grande fierté, parce que la lecture que nous faisons de cette victoire va dans le sens d’un message envoyé en direction du peuple du Cameroun pour dire que tout Camerounais est Camerounais où qu’il soit. S’il est né à Kousseri, il doit être Camerounais à Bakassi. S’il est né à Mouloundou, il doit pouvoir être Camerounais à Maroua. C’est comme ça que la démocratie fonctionne partout dans les pays qui nous l’ont inspirée, Il est temps de sortir des dynamiques de l’ordre colonial, qui ont tendance à confiner les acteurs dans les villages dont ils sont ressortissants.

Comment appréciez-vous l’émotion générale qui s’est emparée des Camerounais de diverses obédiences après l’annonce de la victoire de l’UFP à Yabassi ?

Vous avez certainement raison. On a l’impression, depuis que les résultats sont sortis, que l’UFP a gagné partout et qu’elle gouvernerait toutes les mairies du Cameroun. Je suis assailli par des messages qui sont des SMS, des coups de téléphone. Il y a un mouvement important sur mon profil Facebook. C’est assez saisissant ! Mais, voyez vous,tout ça est la conséquence d’un phénomène où, au fond, les populations se sont rendues compte que le jeu politique camerounais est vicié. En réalité, ce que nous avons comme système de compétition politique, c’est l’appareil d’Etat qui tient la haute administration, la moyenne administration, voire la basse administration. Et cela remonte à plus de 50 ans. Même si nous étions bien conscients de cette machinerie absolument inéquitable, les citoyens ont tendance à nous (de l’opposition) recevoir aujourd’hui chaque fois que nous gagnons, un peu comme une sorte de David qui arrive à terrasser Goliath.

Quel est donc le secret de l’UFP ?

Il y a également une autre variable qu’il faut avoir à l’esprit : l’UFP est un parti politique qui est né par la grâce de Dieu. C’est un parti politique qui n’est pas né sous la base d’accumulation d’une fortune de guerre comme c’est le cas pour beaucoup d’autres. Aujourd’hui, la performance que nous réalisons est bien meilleure que celle de beaucoup de partis politiques dont les leaders ont été des ministres. N’oubliez pas que la manière dont les partis politiques se constituent au Cameroun, surtout les plus forts, c’est d’abord des gens qui ont été soit Premiers ministres, soit ministres, soit directeurs généraux, soit des personnes très influentes au niveau de l’appareil de l’Etat. L’UFP échappe à cette nomenclature. Voilà donc un parti politique qui va en bataille, les mains nues, contre l’appareil de l’Etat. Je fais quand même savoir que Yabassi, c’est un concentré de membres du gouvernement : entre Pierre Moukoko Mbonjo qui, au demeurant me fait savoir dans un débat politique lors de la présidentielle de 2011 qu’il faudrait d’abord que j’aie gagné une mairie, ironie du sort, la mairie que je gagne est précisément celle qui lui a permis de devenir ministre des Relations extérieures ; il y a Pierre Titti, ministre délégué des Finances ; Narcisse Mouelle Kombi qui est à la présidence de la République, l’ancien ministre de la Communication, le Pr. Ebénézer Njoh Mouelle, et tout un appareillage de haut commis de l’Etat qui ressortent de cette localité. On a l’impression qu’un éléphant a été renversé par une fourmi. Cette fourmi, si elle a pu renverser cet éléphant, c’est précisément par la grâce de Dieu.

A Doumé, vous avez pourtant présenté un bon programme politique, mais c’est le RDPC qui a remporté les élections là-bas ?

C’est vrai que cette élection est assez énigmatique ; elle est un vrai mystère pour nous. Chez moi, j’ai battu pavé avec mes candidats sur le terrain. A Doumé, nous avons quasiment fait tous les villages. Fondamentalement, je vois deux raisons. Une première de type rationnel est lié à ce qu’on pourait appeler une corruption électorale. A Doumé et même à Nguelemendouka, dans toutes les localités où nous sommes passés, derrière nous, une caravane du RDPC passait distribuer de l’argent, de la nourriture, et acheter les consciences des populations, malgré toute la doctrine que nous avons pu professer. On peut également mettre au compte de cette situation, la faible politisation de cette zone-là. Des zones comme Doumé n’avaient jamais connu une véritable opposition politique. Et, il me semble que le score que nous réalisons là-bas n’est pas mal, au regard de ce qui a pu se passer. Pourtant avant l’élection, beaucoup de gens nous voyaient gagner à Doumé, on était vraiment favoris. Mais le vrai problème au Cameroun, c’est que la règle du jeu est viciée.

Une autre raison, celle-là d’ordre plus métaphysique, c’est que celui qui nous permet d’avoir cette victoire à Yabassi veut certainement nous montrer qu’il faut cesser de se focaliser sur les localités dont on est originaire. Et que cette organisation de la politique sur une base tribaliste et régionaliste a tendance à pérenniser le mal fondamental du Cameroun qui est le système du pacte colonial tel qu’il a été légué à ceux qui ont remplacé les Blancs. C’est un appel à l’invention d’une nouvelle pratique de la politique, à ne pas seulement se dire qu’on doit gagner chez soi. En effet, au regard même de la géopolitique camerounaise, je pense qu’il y a des localités où le message foyiste de l’UFP peut être mieux compris que dans les localités où je suis né.

Que représente la commune de Yabassi en particulier et le Nkam en général pour vous ?

La commune de Yabassi dans un chef-lieu de département comme le Nkam est un élément très stratégique pour nous. Je vais vous dire que Bilé, le nom que je porte, est très présent dans le Nkam. Je me sens une fraternité évidente et naturelle envers cette localité-là. Le Nkam, c’est une localité qui nous a été présentée sous une apparence hideuse. Nous avons vu l’hôpital de Yabassi dans un état de délabrement absolu. Nous avons aussi vu je lycée qui était dans un état calamiteux. Donc, du point de vue de ce qu’on peut appeler des infrastructures publiques, des infrastructures routières, il y a un délabrement qui va mériter une attention particulière de la direction de l’exécutif communal. Les populations sont aussi, de manière directe, un facteur de préoccupation pour nous. Il va falloir organiser à Yabassi des mutuelles de santé de manière à ce que les populations puissent se soigner facilement, entendu que le plateau technique de l’hôpital sera réaménagé. Par ailleurs, comme c’est une localité agricole, nous voulons aider les populations à produire davantage, à pou¬voir écouler plus facilement leurs productions.

Et je crois que ce n’est pas une conception trop administrée de l’économie qui permet aux gens de se débrouiller. Mais, c’est de mettre à leur compte des possibilités, des infrastructures nécessaires qui leur permettront de s’émanciper et de se réaliser. Et je précise aussi que les questions d’énergie sont importantes dans cette localité. Nous voulons y développer les énergies alternatives. Nous comptons beaucoup sur les partenariats que nous allons mettre en place pour qu’à la fois, le solaire et l’éolien puissent permettre qu’au plan local, l’énergie puisse être disponible. Sur les plans culturel et sportif, que les jeunes de Yabassi puissent avoir un petit jardin public, des bancs publics, des sites, des aires de jeu où ils peuvent aller jouer au football, au handball-, —etc. On ne demande pas aux dirigeants d’offrir le paradis aux gens, mais c’est parfois des choses élémentaires qui permettent de changer la vie des populations.

De quelle équipe sera constituée l’exécutif communal ?

L’investiture, telle que nous l’avons menée, était conduite par Jacques Maboula, qui était tête de liste et qui a l’armature, la carrure, dans tous les sens du terme, pour en assumer la tête. Maintenant, il va être tout simplement question de voir quels sont les acteurs qui le secondent dans cette activité-là. Nous allons nous retrouver à Yabassi pour faire le bon choix. Il faudra certainement faire valoir quelques variables sociologiques ou plutôt de genre. Si on a des femmes dans cette liste, il faudrait qu’il y ait une femme et un homme pour seconder Jacques Maboula dans cette immense tâche que sera la gestion de la commune de Yabassi.

Je me rends à Yabassi dans les prochains jours avec une délégation de l’UFP. Nous allons nous réjouir avec nos frères. Ça va être une fête extraordinaire ! Pour moi, Yabassi est une victoire qui a même une dimension spirituelle ; qui a une portée symbolique, métaphysique extrêmement forte. Nous avons eu 57% aux municipales. Il se trouve donc que nous sommes entrés dans ce qu’on a appelé le G7 des partis politiques représentés dans les exécutifs communaux au Cameroun. Il n’y a que sept partis politiques qui ont pu gagner toute une mairie.

Quelle est votre lecture du déroulement de ces élections du 30 septembre dernier ?

Je commencerai par dire quelque chose qui m’a un peu chagriné pendant ces élections. C’est qu’avant les élections, M. Fonkam Azu’u, président d’Elecam, m’a appelé personnellement pour me dire que les représentants des partis allaient être pris en charge dans les bureaux de vote. Ma surprise a été désagréable de constater qu’après cette annonce que nous avons saluée et célébrée, on m’appelle le jour du vote pour me dire que le RDPC est en train de servir la nourriture à ses représentants dans les bureaux de vote et que les nôtres n’ont pas à bouffer. J’apprends également que les représentants d’Elecam sont en train de sillonner les bureaux de vote pour aller donner des bouts de sandwich aux personnes qu’Elecam a mobilisées pour le vote.

Et c’est plus tard que je vais apprendre qu’en réalité, il y avait une sorte de controverse entre le DG des élections et son président, qui était probablement pour l’idée que tout le monde ait à manger. Mais le DG, dont on connaît la posture de thuriféraire vis-à-vis du pouvoir, a tout fait pour que ce levier psychologique de déstabilisation de l’opposition soit encore à l’œuvre. Et, ce type de petites choses est de nature à nous faire douter d’Elecam et à considérer que la machine étatique qui accompagne le RDPC qui en réalité se confond avec le RDPC- est encore à l’œuvre à l’intérieur d’Elecam.


Vous dénoncez des irrégularités à Elecam ?

Elles sont nombreuses ! Certes, il y a la bonne volonté de quelques individus à l’intérieur d’Elecam, mais ils sont vraiment insuffisants en comparaison avec la dynamique générale de la majorité les représentants de l’appareil de l’Etat- qui veulent absolument que l’ordre colonial qui prévaut au Cameroun depuis plus de 50 ans se perpétue. Les gens se considèrent comme des gardiens du temple électoral et il me semble qu’il y a là un véritable problème. Evidemment, cela n’est pas de nature à faire baisser les bras aux uns et aux autres. Nous pensons à l’UFP que le chantier n’est pas humainement réalisable, mais qu’avec la grâce du spécialiste des choses impossibles (Dieu, NDLR), l’appui et le soutien de celui qui nous accompagne dans cette activité de libération, de déconstruction d’un ordre inégalitaire au Cameroun, nous réaliserons des grandes œuvres à l’avenir, et que l’exploit local de Yabassi se transformera en un exploit national de l’UFP lors des prochaines élections présidentielles.

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