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Lutte contre Boko Haram : Où est le chef des armées ?

dimanche 31 août 2014


Le président de la République coule des jours heureux en Europe alors que son armée est au front pour une guerre qu’il s’en alla déclarer à Paris.

Deux semaines après son départ en France où il a pris part au 70ème anniversaire du débarquement de Provence, Paul Biya n’a toujours pas regagné son pays. Le président de la République répondait à une invitation de son homologue français François Hollande, en même temps que 12 autres chefs d’Etats africains. Depuis lors, ceux-ci ont regagné leurs pays alors que le Camerounais, lui, a prolongé son séjour. En l’absence d’informations officielles, on croit savoir qu’il serait en Suisse, notamment à l’hôtel Intercontinental de Genève où il a ses habitudes au point de faire partie des meubles.

Les escapades prolongées de Paul Biya n’étonnent plus grand monde, tant il en a habitué ses compatriotes en 32 ans de règne. Au point qu’un journaliste a parlé un jour d’un « vacancier au pouvoir », s’agissant du président Biya. « Mais comment fait-il pour diriger depuis si longtemps un pays aussi complexe en s’y consacrant aussi peu ? » s’interrogeait encore Jacques Chirac au sujet de son homologue camerounais. Sauf que dans le contexte actuel de guerre contre Boko Haram, qu’il s’en alla lui-même déclarer à Paris le 17 mai 2014, certains hommes politiques conçoivent mal que le chef suprême des armées soit absent.

Pour Hilaire Kamga, porte-parole de l’Offre Orange, l’absence du président de la République est tout simplement inadmissible.

« La gravité de la situation dans l’Extrême-Nord du Cameroun avec le phénomène Boko Haram, et surtout la confusion définitionnelle que cela entraine auraient logiquement commandé l’impératif de sa présence sur le territoire camerounais. Mais hélas, il n’en a cure et les thuriféraires de son régime s’empresseront de démontrer que même là où il se cache (puisque personne ne nous dit où il est, il travaille et coordonne le déploiement des troupes au Front. Mais jamais dans l’histoire de l’humanité, l’on a vu un chef d’Etat d’un pays en guerre s’installer à l’étranger, sauf si l’ensemble du pays est entre les mains de l’ennemi comme ce fut le cas avec la France, où le général de Gaule devait lancer son appel à la résistance à partir de Londres. Toute chose égale par ailleurs, est-ce à dire que M. Biya Paul considère que le Cameroun tout entier n’est plus sûr et qu’il est bon pour lui et sa famille de s’assurer une sécurité à l’extérieur au cas où, comme le signale « Mediapart », « le-Cameroun serait confronté à une rébellion » ? »

L’appel de Genève

L’absence de Paul Biya n’a cependant pas empêché les forces armées camerounaises de repousser ces derniers jours plusieurs attaques de Boko Haram dans l’Extrême-Nord, tuant une trentaine d’assaillants. Le président de la République n’est certes pas là, mais ça bouge au front.

« Certes ce n’est pas lui qui doit diriger les troupes au front, mais le moral de la population tient à la présence du président, chef des armées sur le territoire national. Le fait que le président ait choisi de prendre ses vacances alors qu’il vient de déclarer une guerre contre une secte qui terrorise les populations est une erreur politique et peut s’interpréter comme l’attitude de ce capitaine d’un bateau quittant le navire en pleine tempête », commente Vincent Sosthène Fouda, ancien candidat à la présidence de la République.

C’est de la France que le président Biya a d’ailleurs signé d’importants textes réorganisant l’armée pour mieux faire face à la menace de Boko Haram. Une situation que critique encore Hilaire Kamga.

« Le citoyen camerounais peut conclure que face à la gravité de la menace, le président aurait préféré fuir et être en sécurité avec sa famille. M. Biya Paul doit revenir au Cameroun et surtout, aller remonter le moral des vaillants soldats camerounais au front. »

Avant-hier soir, les combats faisaient de nouveau rage sur le front de l’Extrême-Nord entre les insurgés de Boko Haram et l’armée camerounaise. Sur place, on parle de villages entiers déjà évacués par les populations apeurées. Une telle escalade commande que celui qui a été élu par les Camerounais à 78% écourte ses vacances pour venir respecter le serment qu’il a fait de défendre l’intégrité du territoire. Obama, Hollande, Poutine, etc. l’auraient fait. A moins que le chef suprême des armées du Cameroun ait décidé, face à la menace de plus en plus sévère, de capituler...

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