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Livres : Quand la prison inspire les détenus de luxe.

mercredi 1er mai 2013


En prison, c’est le temps qui manque le moins. Des personnalités incarcérées dans le cadre de d’ « Opération Epervier » mettent leur oisiveté à profit, pour publier des livres. Souvent des autobiographies, quelquefois des pamphlets, mais toujours pour s’expliquer, se dédouaner, un travail qui rencontre un grand succès auprès des lecteurs camerounais, voire de la Communauté internationale.

1- LES VÉRITÉS DE M. NGUINI EFFA SUR L’USAGE DE LA RENTE PÉTROLIÈRE

Dans un ouvrage de 252 pages paru aux éditions L’Harmattan et intitulé « De la tour Elf à la prison centrale de New-Bell ; histoire d’une déchéance sociale injuste et réflexions sur la gouvernance au Cameroun », l’ex-dg de la Scdp, écroue à la prison centrale de Douala depuis 2009, relate le cauchemar de son procès qu’il juge kafkaïen. Arrestation spectaculaire, enlisement des procédures, violation du droit à la présomption d’innocence, procès sans « fin ».

L’auteur s’étonne qu’après dix-sept années de splendeur et d’occupation de prestigieux postes dans la haute administration, et dans une société pétrolière, il se trouve en détention préventive depuis plusieurs mois, en attente de jugement, pour « détournements de fonds publics » dans une « société anonyme » ayant 49% du capital détenu, par des sociétés privées multinationales, dont Total Cameroun et Total Afrique.

Dans un deuxième livre paru aux éditions L’Harmattan, collection Défense, stratégie et relations internationales, sous le titre « Les hydrocarbures dans le monde, en Afrique et au Cameroun », l’ex Dg de la Société camerounaise des dépôts pétroliers (Scdp) critique la gestion opaque de l’or noir au Cameroun.

Le Cameroun, ce « petit producteur » dont les réserves de brut « peuvent être considérées sur le déclin après plus de trente années d’exploitation » ne brille pas par une gestion saine de la manne pétrolière. « (…) aucun bilan, ni aucune synthèse n’ont été établis, ni au plan qualitatif ou prospectif ni au plan financier de l’exploitation de l’or noir au Cameroun », s’indigne-t-il.

Le peuple camerounais n’a jamais pris connaissance véritablement des retombées, des investissements générés et encore moins des projets de développement issus de la rente pétrolière qu’il était en droit d’attendre à l’instar de ce qu’on peut observer dans les pays voisins, note l’auteur. On observe de manière éblouissante, la transformation de ces pays anciens pays pauvres, notamment la Guinée équatoriale et le Tchad, en presque pays émergents au plan des infrastructures sociales et de développement grâce à la manne des pétrodollars, affirme-t-il. Ce qui est loin d’être le cas de son pays.


2- LES RÉFLEXIONS HERMÉTIQUES DE M. TITUS EDZOA

L’ouvrage de 158 pages « Méditations de prison, échos de mes silences », a été édité en 2012 chez Karthala et les droits au Cameroun acquis par les Editions du Schabel. Dans Sa préface, Mme Odile Tobner, veuve de l’ancien écrivain camerounais Mongo Béti, explique : « Les méditations qu’il nous livre, sur son expérience de la captivité, de la solitude, mais aussi sur les thèmes spéculatifs des nombres, de Dieu, sont toutes marquées par la lucidité, la limpidité, la clarté résultant de la maîtrise de l’esprit et de la parole qui sont les siennes, loin des fantasmes et des élucubrations que des esprits faibles peuvent concevoir au contact des réalités qui les écrasent ».

D’aucuns semblent se figer sur la phrase introductive du chapitre 8 intitulé « Le mysticisme, occultisme ou sorcellerie » : « Boire tout frais du sang humain, c’est particulièrement excitant pour les caprices du démon ». Mais, M. Titus Edzoa a voulu dans ce chapitre, expliquer ce que le mysticisme est et ce qu’il n’est pas, dans un monde où les idées reçues prospèrent.

L’ouvrage va bien au-delà du discours sur la métaphysique, qu’il semble affectionner. Il s’élève au-dessus des questions sur le destin, la vie et la mort, Dieu, le nombre d’or, les mystères des nombres. C’est en réalité le récit d’un citoyen somme toute ordinaire, du moins si l’on s’en tient à la majeure partie de sa littérature, qui relate avec poésie et profondeur sa vie en prison, au Secrétariat d’Etat à la Défense, depuis 1997.

Dans ses « Méditations de prison », M. Titus Edzoa semble garder une dent particulière vis-à-vis des juges camerounais. « Ces véritables prédateurs carnassiers, avides et insatiables de prébendes, bradant à l’encan de nobles principes de vertus sociétales, aux dépens de leurs bas instincts égotistes (...). Quel dommage ! Il urge que ces égarés de la « Res publica » se dotent de courage pour ressusciter leur « profession de.foi », que dis-je, « leur profession de loi », par la vertu de servir, cessant ainsi d’arborer avec une honteuse ostentation des toges souillées... ».

3- M. ATANGANA MEBARA PUBLIE « LETTRES D’AILLEURS »

M. jean Marie Atangana Mebara, ancien Sg de la Présidence de la République incarcéré à la prison centrale de Yaoundé depuis le 6 août 2008, a commis un livre de 288 pages. Avec pour sous-titre « Dévoilements préliminaires d’une prise de l’Epervier au Cameroun », « Lettres d’ailleurs, l’ouvrage a paru aux éditions l’Harmattan à Paris, en 2011, et est préfacé par le Cardinal Christian Tumi.

L’ouvrage est effectivement un recueil de sept lettres dans lesquelles l’auteur s’adresse à sa fille, à sa mère, au clergé, à Amadou Ali et plusieurs autres, soit dans le cadre de messages personnels, soit dans celui de réponses à des prises de positions sur l’affaire le concernant.

L’émotion le dispute à l’humour, lorsque M. Atangana Mebara parle des sujets aussi graves que son incarcération dans des conditions difficiles pour tentative de détournement de deniers publics. Ou du G11, cette nébuleuse à laquelle il est accusé d’appartenir ; de la tentative d’assassinat du Chef de l’Etat via l’Albatros, ou encore cette histoire colportée pendant longtemps et qui voudrait qu’il ait, avec MM. Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena Awono, détourné plusieurs millions de FCFA que le Chef de l’Etat leur avait confiés pour le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy....


4- LES LETTRES OUVERTES DE M. MARAFA

Une première lettre pour présenter la campagne anti-corruption en cours comme une opération d’épuration politique. Une deuxième pour railler le code électoral promulgué par le Président de la République. Une troisième a été adressée au peuple, pour dégager sa responsabilité au sujet des différentes affaires d’acquisition des avions présidentiels. Et, dans la quatrième lettre au Chef de l’Etat, M. Marafa Hamidou Yaya « réitère solennellement mon innocence pour les faits qui semblent m’être reprochés ». D’autres révélations ont ensuite été faites sur l’argent du pétrole.

Si l’on ajoute à cela la distribution de tracts (coiffés de la mention Son Excellence) favorables à l’ex Ministre d’Etat à Garoua, Douala et Yaoundé, l’on serait tenté d’affirmer qu’en détention préventive, plus qu’au faîte de sa superbe au sein du gouvernement, M. Marafa Hamidou Yaya ancien Sg/PR et ex- Ministre de l’Administration territoriale (2002-2011) parle et fait parler de lui.

D’après M. Marafa, à l’époque des faits, ni le Président de la République, ni son Chef d’Etat-major particulier, M. Benaé Mpeke, ni l’ancien Adg de la Camair, M. Yves Michel Fotso, n’avait présenté une objection quelconque à ce que Camair conclut un contrat avec Gia International dans le cadre de l’acquisition du Bbj II.

Par Jean Robert Fouda(Repères)

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