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Les sept Français enlevés au Cameroun ont été libérés

vendredi 19 avril 2013


La famille française de sept personnes prise en otage en février dans le nord du Cameroun a été libérée et rendue aux autorités camerounaises, ont annoncé vendredi Yaoundé et Paris.

Les sept Français, trois adultes et quatre enfants, avaient été enlevés lors d’une excursion dans le nord du Cameroun, près de la frontière avec le Nigeria où, selon les autorités camerounaises, ils avaient été rapidement transférés par leurs ravisseurs.

"Ils sont tous sains et saufs", a déclaré Ferdinand Ngoh Ngoh, le secrétaire général de la présidence camerounaise, dans un communiqué, ajoutant que ces sept membres d’une même famille avaient été remis aux autorités camerounaises jeudi soir, soit deux mois jour pour jour après leur enlèvement.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, s’est envolé vendredi matin pour Yaoundé afin de rapatrier les ex-otages "le plus vite possible" en France, a déclaré vendredi la présidence de la République française.

François Hollande, qui a remercié les autorités camerounaises et nigérianes, a rappelé que huit autres ressortissants français restent détenus au Sahel.

Tanguy Moulin-Fournier, le père de la famille, est un cadre de GDF Suez en poste au Cameroun depuis 2011.

Dans les jours qui avaient suivi l’enlèvement, Paris avait envoyé au Cameroun des soldats chargés de participer à l’enquête et aux recherches.

Le groupe islamiste nigérian Boko Haram avait revendiqué l’enlèvement le 25 février et réclamait, en échange de leur libération, celle de femmes et d’enfants membres de l’organisation détenus dans les prisons nigérianes et camerounaises.


"NOUS PERDONS NOS FORCES"

Une vidéo montrant les sept otages avait été diffusée fin février. A la mi-mars, dans un enregistrement sonore, un homme se présentant comme Tanguy Moulin-Fournier, avait demandé à l’ambassadeur de France et au président camerounais, Paul Biya, de "tout mettre en oeuvre" pour qu’une solution soit trouvée.

"Nous sommes détenus depuis 25 jours dans un endroit désertique, les conditions de vie sont très dures : eau, chaleur, nourriture, sommeil", déclarait l’homme.

"Nous perdons nos forces chaque jour et commençons à être malades. Nous ne tiendrons pas longtemps", ajoutait-il.

Tanguy Moulin-Fournier avait confirmé que le groupe Boko Haram réclamait la libération des femmes et des enfants membres de l’organisation détenus dans les prisons nigérianes.

Une première vidéo postée le 25 février sur le site internet YouTube montrait la famille, les quatre enfants assis par terre devant les adultes, et un militant masqué.

Dans cette même vidéo, l’un des ravisseurs s’exprimant en arabe menaçait de tuer les otages français si les revendications du groupe n’étaient pas satisfaites. Il accusait également François Hollande, dont les armées interviennent depuis le 11 janvier au Mali, de mener une guerre contre l’islam. Mais il ne demandait pas la fin de l’intervention française.

Le président français avait assuré début février qu’il n’y "avait pas de questions financières qui puissent être évoquées" concernant la libération des otages français retenus au Sahel.

La France refuse désormais toute transaction financière pour obtenir la libération de ses otages, avait-il dit.

Tansa Musa, avec Patrick Vignal et Gérard Bon à Paris, Marc Angrand pour le service français,

Par Yves Clarisse

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