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Les grands peuples Bétis seraient-ils nationalement anti-démocratiques ?

lundi 8 juillet 2013


NB : Cet article n’a pas pour but d’attiser ou susciter les débats tribalistes ; il entend soulever une situation de polarisation politique autour d’un champion que les peuples Bétis ont maintenu depuis le pluralisme politique des années 90 et problématiser sur l’avenir politique de cette zone.

Si le pluralisme politique constitue un critère fondamental de la démocratie, alors le grand pays Béti aura du mal à justifier son « yili Ntet-Ntet (allégeance et support à 100%) » au RDPC. Je parle de cette grande région du Cameroun à grande influence Béti qui inclut les sept des dix départements de la région du centre : Haute-Sanaga, Lekié, Méfou-et-Afamba, Méfou-et-Akono, Mfoundi, Nyong-et-Kellé, Nyong-et-Mfoumou, Nyong-et-So’o ; presque toute la région du Sud incluant une partie du département de l’Océan jusqu’au Dja-et-Lobo passant par la Vallée du Ntem et la Mvilla et le département du Haut-Nyong dans la région de l’Est.

Après plus de 25 ans du monopartisme (UNC puis RDPC), la réintroduction du multipartisme des années 90 a redonné au peuple Camerounais l’opportunité d’embrasser le pluralisme politique. Un regard historique sur l’expression politique depuis 1992 montre que les peuples non-Bétis du Cameroun ont été plus dynamiques, plus ouverts et moins résistants au pluralisme politique. En effet, un réel esprit de compétition politique s’est imposé dans ces régions du pays permettant une certaine diversité et alternance de la représentativité politique dans les instances municipales et parlementaires. On a vu les conseillers municipaux et surtout les députés émergés des différentes chapelles politiques dans ces régions du pays. Les régions du Littoral, l’Ouest l’Extrême-Nord, Nord, l’Adamaoua, le Nord-Ouest et une partie de l’Est ont été et restent les terrains d’une réelle compétition politique et constituent les vrais témoins du progrès démocratique au Cameroun.

S’il faut aujourd’hui accorder une quelconque victoire pour l’avancée démocratique au Cameroun, ces peuples mériteraient de brandir le trophée de cette victoire. Comment ne pourra-t-on pas admirer l’esprit de compétition démocratique entre Mr. Ni John Fru Ndi et Mr. Simon Achidi Achu tous dignes fils de la Mezam dans la région du Nord-Ouest ;

Ou encore entre Mr. Issa Tchiroma et Mr. Bello Bouba, tous fils dignes de la Région du Nord.

Ou encore entre Prof. Maurice Kamto et Prof. Augustin Kontchou tous fils dignes de la Région l’Ouest.

Ou encore entre Mr. Dakole Daisala et Hon. Cavayé Yéguié Djibril tous fils digne de l’extrême-nord.

Ou enfin entre est Mr. Jean Jacques ekindi et

Mr. Laurant Esso tous fils digne du département du Wouri de la Région du Littoral.

Ces face-à-face départementaux ou régionaux passés ou présents montrent l’état d’esprit libre et avancé des élites de ces régions dans le jeu démocratique et confirment le rôle central que joue l’élite dans la promotion du pluralisme politique.

Les grands peuples Bétis, au contraire, n’ont pas encore connu cette effervescence compétitive. La réelle compétition démocratique est restée quasi-inexistante. Avec une élite encore très polarisée autour du champion « Nnom Ngui », toute forme d’apparition d’opposition s’est toujours vue muselée ou étouffée. L’intimidation, l’isolement, la réprimande, l’acharnement et les séquestrations ont toujours eu à ébranler et briser toute élite du grand pays capable de susciter un réel pluralisme politique dans cette zone.

L’on peut citer entre autres : Mr. Titus Edzoa ; sa démission au gouvernement et l’annonce de sa candidature à la présidence en 1997 ont déchaîné un ouragan judiciaire qui le maintien en prison jusqu’aujourd’hui.

Le soutien au parti du champion est resté inébranlable dans cette région ; par exemple depuis la 5e législature en 1992, la représentativité parlementaire est restée monocolore ; les taux d’expressions des suffrages présidentiels sont restés écrasants.

S’il faut tenir compte du principe démocratique qui veut que le peuple choisit ses leaders politiques capables d’impacter leur développement ; on aurait du mal à justifier le soutient presqu’à 100% au régime RDPC et l’état d’enclavement de cette région surtout en milieu rural. Par exemple, l’enquête ECAM 3 2007 de l’Institut National de la Statistique révèle que 7,3 personnes sur 10 au Sud, 8 personnes sur 10 au Centre hors Yaoundé et 8.8 personnes sur 10 à l’Est habitaient des logements en matériaux provisoires ; pour le nombre de personnes n’ayant pas accès à une eau potable de boisson, l’enquête notait 6,5 personnes sur 10 au Sud et Centre hors Yaoundé, et 8 personnes sur 10 à l’Est. Il en est de même pour ce qui concerne les routes et l’accès à l’électricité. Il faut noter que ces taux sont aussi comparables et parfois pires que ceux des régions à forte résistance au régime RDPC ; à l’exception de la situation alarmante de pauvreté abjecte du Grand Nord du Cameroun qui interroge aujourd’hui notre conscience collective.

Et quand il y a parfois eu un semblant de développement hors mis les nouveaux projets structurants actuels, il s’est déployé en générale de façon très disproportionnée. Le développement a le plus souvent suivi les vagues de la politique de nomination. C’est généralement lorsque le fils d’un village chanceux est nommé que ce village peut espérer se développer. Une fois le fils déchu du poste de nomination, la dégradation et l’enclavement du village reprend très souvent le dessus. Les milliers de villages malchanceux, ceux n’ayant jamais eu la chance d’avoir un de leur fils nommé, croupissent souvent en majorité dans la misère et l’oubli. Comme pour dire que le développement dans cette zone a suivi moins les logiques de distribution équitable des ressources de développement ; mais il a suivi plus les routes des villages de ceux qui ont de l’influence et du pouvoir : un model bizarre de développement au Cameroun.

En tout cas, s’il y a toujours eu un soutient inébranlable au régime RDPC, ce soutient paraitrait moins pour des raisons de développement, car la vaste majorité vivant dans l’abandon et l’oubli de cette zone aurait toutes ses raisons à gagner les rangs de l’opposition. Ce soutien, orchestré par une élite Béti largement perçue corrompue, semblerait se maintenir par les méthodes d’intimidation, les menaces permanentes, l’acharnement et les séquestrations.

Il serait ainsi nécessaire pour l’élite Béti de comprendre que si elle n’émule pas l’esprit du pluralisme politique, alors elle sera mal placée pour donner des leçons ou stigmatiser les peuples originaires de l’Ouest de supporter massivement Prof. Maurice Kamto dans l’avenir, ou encore à regarder du mauvais œil un Grand Nord qui cherche à mobiliser ses forces autour d’un parti politique. Car c’est exactement ce qu’elle a toujours fait autour de leur actuel champion.

Les peuples Bétis, dans un Cameroun qui se manifeste démocratiquement pluraliste, ont réellement besoin de se libérer des intimidations et des menaces permanentes de l’élite corrompue ; ils ont besoin d’exprimer politiquement et librement leur volonté, leur choix et leur frustration. Cela va de leur intérêt ; car, non seulement c’est une injustice envers les autres peuples de se mobiliser ethniquement autour d’un seul parti comme cela semble être, mais aussi et surtout parce que l’esprit de compétition est fondamental au progrès de l’humanité.

Regardez par exemple les peuples Bamilékés aujourd’hui ; ce sont les peuples qui certes restent très rattachés à leurs cultures et traditions, mais c’est aussi un fait très avéré que ces peuples sont nationalement et démocratiquement libres dans leurs choix politiques.

C’est-à-dire, leur attachement culturel n’impose pas leur choix politique. C’est ce genre de Cameroun dont on a besoin ; le Cameroun du 21e siècle ; le Cameroun de la nouvelle génération qui veut accorder moins d’importance à l’attachement ethnique pour ses choix démocratiques.

JEAN PAUL SAMBA EPAPE

KUALA LUMPUR, MALAISIE

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