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L’hon. Joshua N. Osih : « Ce qui s’est passé à l’hopital Laquintinie est un crime imputable à l’Etat du Cameroun »

lundi 28 mars 2016


Quatre jours après le choc du drame de l’hôpital Laquintinie, beaucoup de choses ont été dites et beaucoup d’encre continue de couler. Je cherche à comprendre comment dans notre pays nos services publics sont devenus aussi inhumains et également comment nous, Citoyens, avons pu accepter durant près d’une trentaine d’années cette descente aux enfers collective.

La position du régime de Yaoundé, en contradiction scandaleuse avec celle des autorités de terrain, nous démontre que malgré le choc national et l’émotion collective qui nous étreignent, le gouvernement s’obstine à ne pas vouloir comprendre le réel problème. De façon ridicule, ce régime veut créer un débat sur le lieu et l’instant de la mort de Monique et de ses deux enfants plutôt que de nous entretenir sur la cause des trois décès.

Il faut cesser de spéculer sur le lieu du décès de cette martyre ainsi que de ses jumeaux et s’occuper plutôt des causes du drame. Si l’un des deux hôpitaux avait fait son travail d’accueil et de prise en charge immédiate, nous n’en serions pas là.

La vraie raison de notre révolte est que nous nous reconnaissons tous en Monique. Elle est morte, comme beaucoup trop de Camerounaises avant elle, en voulant simplement donner la Vie.

Tout comme nous nous reconnaissons tous en Rose, la nièce courageuse qui a voulu sauver deux bébés du ventre de leur maman morte. Nous sommes tous un peu Rose lorsqu’il y a délestage et nos enfants doivent préparer des examens avec des bougies malgré les factures toujours plus chères que nos revenus que nous payons de surcroît à temps. Nous sommes tous un peu Rose lorsque nous devons parcourir un chemin de croix douloureux pour avoir un peu d’eau non-potable alors que nous payons des factures à temps. Nous sommes tous un peu Rose lorsque nous devons braver l’injustice et la corruption au quotidien. Nous sommes tous un peu Rose lorsque nous devons nous débrouiller pour nous soigner. Nous sommes tous un peu Rose lorsque nous bravons les multiples obstacles conçus par le régime de Yaoundé pour nous imposer la survie au quotidien, malgré notre créativité que beaucoup nous envient. Mais force est d’avouer publiquement et humblement que malgré le fait que nous nous reconnaissons en Rose, elle nous a tous battus avec son acte courageux.

Nous nous reconnaissons également tous en ce morguier qui, malgré l’omniprésence de la mort autour de lui, a fait montre de plus d’humanité et de respect devant la douleur que ces médecins et personnel de santé qui sont supposés sauver des vies.


Le régime de M. Biya
doit comprendre qu’en tuant Monique et ses bébés et en poursuivant sa logique de fuite en avant qui a consisté à mettre aux arrêts Rose et le morguier, c’est tous les camerounais qu’il heurte violemment, sans distinction ethnique ni politique. La maternité ne tue pas, ce qui tue c’est notre système de santé publique défaillant et corrompu. Monique Koumate est morte pas parce qu’elle attendait des jumeaux, mais parce qu’elle n’a pas eu accès aux soins. Et c’est à ce niveau qu’il y a crime.

Oui, ce crime imputable à l’Etat. Dans ce cas précis, le crime d’Etat réside dans le refus obstiné et inexpliqué du régime de M. Biya de faciliter, à travers la mise sur pied d’un système sanitaire adéquat et efficace, l’accès aux soins de santé à la grande majorité des Camerounais, malgré d’importants moyens humains et financiers dont il dispose. Ce régime nous avait pourtant fait la promesse, il y a trois décennies, d’une santé pour tous en l’an deux mille.

C’est un crime imputable à l’Etat parce que pendant que Monique et sa famille souffraient à cause de cette rude épreuve et que tout le Cameroun par la suite souffrait dans sa chair en découvrant la réalité de l’horreur dans cet hôpital, le premier des Camerounais bénéficiait des soins de santé appropriés en Suisse.

C’est un crime imputable à l’Etat parce que pendant qu’un taximan s’improvise en chauffeur d’ambulance du fait qu’on n’en trouve presque pas, nos haut commis d’Etat, pour éviter les hôpitaux dont ils ont pourtant la charge, se font régulièrement évacuer avec l’argent du contribuable, parfois pour de simples checkups.

C’est un crime imputable à l’Etat parce que les soins de santé dans une République ne devraient pas être accessibles qu’aux plus nantis de la société. Le droit de tous les citoyens camerounais à la santé est un droit constitutionnel inaliénable.

C’est un crime imputable à l’Etat parce que la perpétuation de la défaillance de notre système de santé est une volonté manifeste du régime de Yaoundé. Il suffit de constater que les allocations budgétaires insuffisantes de ce département ministériel, par ailleurs en grande partie couvertes par des dons étrangers, sont inférieures aux dépenses diverses et gaspillages du régime qui couvrent les bons de carburant, séminaires et colloques, habillements, voyages inutiles à délégations pléthoriques et courts séjours privé présidentiels.

C’est enfin un crime imputable à l’Etat parce que nous ne pouvons pas prétendre avoir de bons médecins disponibles dans nos hôpitaux publics alors que le service public ne fait rien pour les recruter et les retenir. Les salaires de misère des médecins publics ne sauraient excuser ce qui s’est passé, mais peuvent être un début d’explication du problème de nos hôpitaux. Ce problème n’aurait pas dû exister s’il y avait une réelle volonté politique au sommet d’avoir un système performant. Un pays ne peut pas confier son système de santé à des cadres qui n’arrivent, pour beaucoup, pas à joindre les deux bouts et qui doivent trouver du boulot dans le privé. Cette situation est si grave qu’aujourd’hui, des médecins sont autorisés à consulter et traiter en privé dans les unités publiques.

Et si Monique était française ou américaine ?

A la lecture de tout ce que nous vivons depuis samedi dernier, il y a lieu de croire que le problème de Monique ne résultait pas seulement de ce qu’elle était enceinte, mais surtout malheureusement de ce qu’elle est Camerounaise. Si Monique était française ou américaine, aurait-elle été déclarée morte et abandonnée sur le pavé de l’hôpital ? Aurait-on eu d’autres priorités que celle de sauver sa vie ainsi que celle de ses jumeaux ? La famille de la victime se serait-elle débrouillée de la même façon ? Aurait-on mis aux arrêts la nièce de la victime et le morguier ? Rien n’est moins sûr. Une chose est certaine à savoir que si Monique était française ou américaine, le régime de Yaoundé aurait réagi avec promptitude, des mesures coercitives exemplaires auraient été immédiatement prises, les responsables gouvernementaux et locaux sanctionnés, le réconfort moral et matériel de la famille de la victime assuré, la nièce de la victime et le morguier décorés pour leur acte de bravoure au palais de l’Unité. Le tout à grand renfort de publicité. Si Monique était française ou américaine, les médias du monde entier auraient été abasourdis autant sinon plus que les Camerounais. Le monde se serait révolté contre un régime déshumanisant et barbare. Fidèle à ses méthodes, le régime de M. Biya se serait débrouillé à expliquer la survenance de ce drame auprès de ces puissances étrangères en pointant du doigt des bouc-émissaires qui seraient immédiatement liquidés. Alors qu’il est établi que le poisson pourrit toujours par la tête. Rappelez-vous juste de l’extraordinaire pugnacité et des moyens mis en place pour recouvrir les otages étrangers de Boko Haram et comparez cela au 1200 morts Camerounais dont plusieurs vaillant soldats.

En tant que Député de la circonscription dans laquelle ce crime d’Etat a eu lieu, j’appelle le régime de Yaoundé à prendre des mesures urgentes et appropriées pour assainir notre système de santé qui est en tout point de vue inefficace, dépassé et hostile aux populations.

Il faut de toute urgence mettre en place une Assurance Maladie Universelle, proposée par le SDF depuis plus de vingt ans déjà, qui sera accessible à tous parce que la prime obligatoire reflètera le niveau de revenu réel des individus assurés et de leurs familles. Cette assurance permettra de lever l’un des plus grands boucliers de l’accès aux soins médicaux publics que constitue le coût de l’accès aux soins.

Mais pour que ce rêve soit effectif, il faut absolument bannir les évacuations sanitaires aux frais du contribuable. C’est une de mes batailles politiques sur laquelle je ne transigerai point. On ne saurait prétendre avoir la charge du bon fonctionnement d’un système de santé qu’on n’utilise pas et qu’on ne sait pas. On ne saurait savoir l’importance d’un hôpital public si on n’utilise que ses morgues. Le Cameroun présente la curieuse et funeste particularité de disposer des morgues avec des aménagements extérieurs plus importants que les chambres des malades. Si on va toujours se faire soigner à l’étranger aux frais du contribuable, on ne saura jamais que les vendeurs de cercueils et les pompes funèbres exposent leurs produits au vu des malades à leur arrivée et que la morgue jouxte l’entrée principale de la plupart de nos hôpitaux publics.

Dans un pays dit démocratique qui se respecte avec un processus électoral qui donne à chaque citoyen le droit de choisir, il est évident que toute les Monique de ce pays, nous tous qui souffrons parce qu’une élite vit grassement sur notre dos, n’aurons jamais choisi de manière démocratique ce que nous vivons aujourd’hui. Pour nos hôpitaux, pour une Assurance Maladie Universelle, pour que ce qui est arrivé à Monique n’arrive plus jamais, nous avons le devoir de renforcer notre dispositif électoral et notre démocratie pour que le peuple soit en mesure de sanctionner un leadership défaillant qui ne tient pas ses promesses. Parce qu’en pareilles circonstances, dans une République qui se dit démocratique, le gouvernement - ou tout au moins le ministre en charge de la santé publique - remet sa démission et au cas où il persiste dans une fuite en avant, il est systématiquement évincé par des élections.

Dénoncer un régime pervers dont les tares et les manquements graves ont conduit à la mort quasi simultanée de trois compatriotes dans des circonstances choquantes est un devoir pour tous les républicains et non une récupération politique comme le clame un rossignol politique hanté en permanence par la peur d’être à tout moment éjecté du buffet national. Nous avons perdu une maman, deux bébés parce que nous acceptons passivement un système qui tue nos enfants et qui brise une partie de notre humanisme. Pour toutes les Monique de ce pays, ne nous résignons surtout pas. Continuons le juste et noble combat pour imposer l’égalité de chances et la justice sociale afin que notre vivre ensemble devienne une réalité positive. Ce n’est qu’à ce prix que nos enfants ne vivront jamais ce que nous vivons, ce qui a tué Monique et ses jumeaux.

Pour terminer, ce qui s’est passé à l’hôpital Laquintinie a tout au moins permis de sonner la fin du bal des thuriféraires du parti-Etat qui scandaient à tue-tête que le Cameroun c’est le paradis et que le Roi Biya vient juste après Dieu. Combien de ces imposteurs qui paradent à la tête des motions de soutien et autres appels à candidature ont déjà été soignés dans nos hôpitaux ? Ils se comptent certainement des doigts d’une seule main.

Pour toutes celles et ceux qui sont sortis manifester le Dimanche 14 mars dernier, je vous dis une fois de plus Merci.

RIP Monique, a lutta continua.

Honorable Joshua OSIH

Député SDF Circonscription Wouri Centre

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