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Jean Michel Nintcheu:une vie de résistant

mercredi 1er novembre 2017


L’homme politique s’est très souvent illustré par des initiatives et des prises de position qui dérangent jusque dans son camp.

C’est un homme plutôt calme que l’on rencontre ce dimanche 22 octobre 2017 aux environs de 19h, dans une boulangerie du quartier Akwa à Douala. Arrivé à bord de sa Toyota Rav 4 marron, Jean Michel Nintcheu a le vestimentaire décontracté. Lunettes, chemisette grise et pantalon assorti, il arbore des babouches de même couleur. Sérieux et concentré, il a encore en mémoire, les souvenirs de la veille, le samedi 21 octobre, où il avait prévu tenir un meeting suivi d’une marche de soutien aux ressortissants des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en prise avec la crise sociopolitique qui prévaut depuis un an.

Marche interdite 48h plus tôt par le sous-préfet de Douala Ier. Une interdiction à laquelle le député du Social Democratic Front (SDF), n’entendait pas se plier. « Ce qui s’est passé, c’est que, j’étais à Akwa, précisément à la « Douche municipale »je devais rencontrer l’une de mes camarades pour qu’on parle du programme de la journée et qu’on se rende sur le lieu de la manifestation. A peine je suis entré chez ladite camarade qu’un dispositif impressionnant composé d’une dizaine de voitures de policiers est sorti de tous les côtés et a pris position en bas de l’immeuble. Je suis donc sorti précipitamment pour ne pas être bloqué. Je redoutais que la seule issue de l’immeuble soit bloquée et que je sois pris au piège.

Je suis allé dans la rue au niveau de la Douche Akwa et j’ai été encerclé par une cinquantaine de policiers commandés par le délégué régional de la Sûreté nationale du Littoral. Il m’a demandé très poliment dans un premier temps, d’accepter de me faire conduire à mon domicile, m’expliquant que c’était des instructions de la hiérarchie. J’ai opposé une fin de non-recevoir », raconte dans le détail ce parlementaire. La négociation a duré près d’une heure ; intervalle de temps durant lequel, explique le président régional du SDF pour le Littoral, le régional de la police a plusieurs fois été appelé au téléphone par sa hiérarchie. La suite : des militants du SDF et le député ont été molestés. C’est après cela que Jean Michel Nintcheu est amené de force dans un véhicule de la police et conduit à son domicile sis à Ndogpassi.

Dimanche matin, Jean Michel Nintcheu affirme s’être réveillé « plus déterminé que jamais ». C’est d’ailleurs cette détermination qui a toujours accompagné et guidé cet homme dans son combat en politique et dans chacune des actions qu’il a jusqu’ici menées. Cela a également été le cas lorsqu’en décembre 1992, Jean Michel Nintcheu avait pris la tête de « Cap liberté ». En 1996, suite à la fusion de ce mouvement avec le SDF, Jean Michel Nintcheu hérite du poste de vice-président national de ce qui deviendra plus tard, la principale formation politique de l’opposition.

Parti au sein duquel M. Nintcheu s’est de plus en plus démarqué de par des actions et des actes dont lui seul a le secret. Le ton est donné lorsqu’en 2007, au terme de la reprise des législatives dans la circonscription électorale de Wouri-Est, il bat feue Françoise Foning du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), le parti au pouvoir. Le 23 février 2008, Jean Michel Nintcheu initie un meeting pour marquer son opposition à la modification de la Constitution et à la lutte contre la vie chère, matérialisée par la hausse des produits de première nécessité.

Assignation à résidence

Le grand meeting populaire prévu au rond-point Dakar et interdit à la dernière minute, va dégénérer et plonger la ville de Douala et plusieurs autres villes du pays dans une spirale de revendications sociales plus ou moins violentes. Malgré le retrait et la confiscation de son passeport, sans oublier son interdiction de sortir du pays consécutivement à ces mouvements de rue qui ont coûté la vie à une centaine de personnes, Jean Michel Nintcheu ne va pas renoncer. Par devoir de mémoire et en souvenir aux morts enregistrés lors de ces émeutes dits de la faim, il lance le 23 février 2011, la première édition de la « Semaine des martyrs ».

Une initiative personnelle souvent mal appréciée par d’autres responsables du SDF qui y voient une marque d’indiscipline. Au cours de cette « Semaine des martyrs », Jean Michel Nintcheu se rend dans les familles des personnes disparues et apporte un appui financier et un soutien moral. Le 16 octobre 2016, l’homme politique est réélu président régional du SDF dans le Littoral face à Célestin Djamen, Ndangle Koumasé et Abel Elimbi Lobe qui ont contesté cette victoire.


Poil à gratter

Il est à rappeler que les événements du week-end dernier ont un précédent. Au mois de mars 2017, Jean Michel Nintcheu a été assigné à résidence aux premières heures de la journée par des éléments de la police. L’objectif était de l’empêcher d’assister à un meeting qu’il projetait à Bepanda dans l’arrondissement de Douala Vème ; manifestation à laquelle Jean Marie Tchakui, alors sous-préfet de Douala Vème avait
opposé un refus formel. C’est d’ailleurs ce dernier, actuellement en poste à Douala Ier qui a annulé l’autorisation préalable qu’il avait reçue pour la manifestation du samedi 21 octobre.

Cette bravade du député SDF est caractéristique de l’homme. Poil à gratter, l’élu l’est également au sein de l’hémicycle où il interpelle sans ménagement des membres du gouvernement lors des séances de questions orales. Ce n’est donc pas fortuit si ses questions aux ministres ne passent pas le filtre de la conférence des présidents à l’Assemblée nationale. Pourtant en décembre 2015, Edgar Alain Mebe Ngo’o, nouvellement nommé ministre des Transports, est pris à partie par l’élu. Son péché ? Avoir fait retarder, quelques semaines plutôt, un avion de la compagnie Air France « pour une banale histoire de siège qui ne [vous] convenait pas ».

Jean Michel Nintcheu n’avait alors pas mis de gants pour apostropher le ministre, l’accusant d’avoir des « comportements antipatriotiques et de surcroit ridicules » pour être allé prendre une compagnie aérienne étrangère, alors même qu’il s’était engagé à redresser la compagnie nationale. Le ministre de la Santé publique, André Mama Fouda, en a également pris pour son grade en juillet dernier, lorsqu’en pleine pénurie de kits d’hémodialyse dans les hôpitaux, le député révélait que plus de 3 milliards de Fcfa avaient pourtant été prévus dans le budget de l’Etat en 2017 afin que ces outils essentiels équipent les hôpitaux.

Né le 15 janvier 1959 à Banka dans le Haut-Nkam (région de l’Ouest), l’ancien élève des collèges Saint-Paul de Bafang, Saint-Michel de Douala et du lycée Polyvalent de Bonaberi, est titulaire d’un diplôme de commerce obtenu en 1984 à l’Ecole de commerce de Toulouse en France. L’engagement politique qui l’anime actuellement semble être héréditaire. Fils d’un ancien combattant de l’Union des populations du Cameroun (Upc) – entre 1955 et 1965 -, il a fait valoir son activisme politique dès l’enfance. Alors qu’il n’était encore qu’un élève, il est arrêté puis libéré en 1975, pour avoir distribué des tracts de l’Upc.

Mais son engagement définitif dans l’opposition, il dit le tenir après l’incendie suspect de son imprimerie qu’il avait ouvert en 1986, un an seulement après son retour au Cameroun. Cette structure employait une vingtaine de Camerounais. Au sein du SDF, il est considéré par certains militants comme celui qui traduit le mieux le discours originel porté par le chairman, Ni John Fru Ndi, dès les premières revendications politiques en 1990.

Par Blaise Djouokep(Mutations)

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