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Inoni Ephraïm : « Il n’y a aucune considération politique dans l’opération Epervier »

lundi 27 juin 2016


Ancien Premier Ministre de 2004 à 2009, Inoni Ephraïm avait accordé en avril 2008 à Yaoundé, une interview exclusive aux journalistes de la British Broadcasting Corporation (BBC) World service. Inoni Ephraïm s’était prononcé sur des sujets tels que la lutte contre la vie chère, la modification de la Constitution, l’opération Epervier. Cameroun Tribune avait retranscrit et publié l’intégralité de cet entretien. Voici quelques extraits sélectionnés de cette grande interview. Des extraits relatifs à l’opération Epervier et à la Constitution révisée en 2008.

Qui pilote l’opération Epervier ?

Elle est pilotée par moi-même sous le contrôle du chef de l’Etat.

Concrètement qui décide de l’opportunité des poursuites ?

C’est le ministère de la Justice à travers les juridictions compétentes.

N’y a-t-il pas une instrumentalisation de la justice ?

Cette opération est montée dans le strict respect des procédures et des lois de la République. En tout cas, le chef de l’Etat a décidé d’assainir les mœurs et la gestion des finances publiques.

Pourquoi avoir laissé détourner d’importantes sommes d’argent avant de lancer l’opération ?

Nous sommes dans un Etat de droit. On ne travaille pas sur la base des rumeurs. La mise en examen n’est pas une affaire de perception. C’est une affaire de preuves concrètes et matérielles.

Quand la presse camerounaise vous cite à titre personnel dans une affaire comme la fameuse affaire Albatros, ça vous laisse indifférent ?

Mais ça me laisse indifférent. En tout cas, les juges sont là pour déterminer si je suis concerné ou pas. Je suis un citoyen comme les autres, pas au-dessus de la loi.

Jusqu’où va se poursuivre l’opération « Epervier » ?

Jusqu’à ce que les gens arrêtent de voler. Quand est-ce que les gens vont arrêter de voler ?


Vous pensez que c’est possible au Cameroun ?

Si ce n’est pas possible, l’opération durera aussi longtemps qu’il y aura des malversations.

Comment comptez-vous rapatrier tous ces fonds qui ont été placés dans des comptes bancaires à l’étranger ?

Ce n’est pas une opération aussi facile que vous le croyez. Des gens nous ont proposé leurs services dans l’optique de rapatrier ces fonds. On les a contactés. Jusqu’à présent nous attendons.


Vous avez contacté qui ?

Pratiquement tous nos partenaires au niveau bilatéral.


Vous savez où se trouve l’argent ?

On ne sait pas, toutefois nous leur avons demandé de nous proposer des pistes.


Est-ce qu’ils coopèrent ?

Nous le leur avons demandé ; en tout cas il y en a même qui pointaient du doigt certains de nos compatriotes pour dire qu’ils doivent avoir beaucoup d’argent dans des comptes à l’étranger.

Beaucoup ont le sentiment que cette opération Epervier se déroule sur fond d’instrumentalisation de la justice. Les avocats pensent qu’elle était spectaculaire, notamment en ce qui concerne les deux anciens ministres Polycarpe Abah Abah et Urbain Olanguena qui ont été arrêtés. Avez-vous ce sentiment qu’il y avait un peu de mise en scène et du folklore dans leur arrestation ?

Ces deux cas datent d’hier. Est-ce qu’ils ne vous ont pas cité les cas d’autres ministres inculpés auparavant ? Pourquoi ils ne citent pas ceux-là ? Est-ce que c’était spectaculaire ? C’était pourquoi alors ? On a un objectif d’assainissement. Cet objectif est au centre de nos préoccupations. Beaucoup d’anciens ministres ont été mis en examen bien avant ces deux-là.

Les membres du gouvernement qui ont été arrêtés font partie de cette nébuleuse qu’on appelle le G11. Un commentaire ?

Moi je ne sais pas ce que vous appelez G11.

Génération 2011… ?

Je n’en fais pas partie.

Vous en avez entendu parler ?

Par les médias bien sûr. Cependant je m’occupe suffisamment pour m’attacher à ces rumeurs. Que ce soit le G11 ou G12, je ne sais pas ce que cela veut dire. Mais l’important c’est que le chef de l’Etat a décidé d’assainir la gestion des finances publiques et les mœurs. Vous citez seulement les exemples qui datent d’hier, mais retenez qu’il y en a qui datent de plus de cinq ans.

Il n’y a donc aucune considération politique dans ces arrestations ?

Non, aucune.

Pourquoi vous avez fait sauter le verrou de la limitation des mandats présidentiels ?

Le peuple souverain qui se donne cette Constitution peut la changer à tout moment. Mais, je vais vous expliquer pourquoi il était important qu’on fasse sauter ce verrou. D’abord, deux principes qui militaient en faveur de cette modification. Il y a, d’une part, le principe d’éligibilité qui donne au peuple souverain le droit et la liberté de choisir ses gouvernants. D’autre part, le principe de l’alternance rotative.

C’est-à-dire ?

L’alternance rotative quant à elle veut dire que le détenteur du pouvoir quitte la scène du fait de sa longévité aux affaires. Notre Constitution consacre plutôt le principe électif. Donc celui de la liberté du choix par le peuple. Pour me résumer, il existe donc une contradiction entre le principe électif qui veut que les citoyens soient libres de choisir leurs gouvernants et le principe de rotation obligatoire qui se trouve au cœur du principe de la limitation du nombre de mandats électifs. Le principe de la rotation obligatoire heurte de plein fouet le principe de la souveraineté du peuple. Dans ce cadre, la clause de la limitation du nombre de mandats présidentiels apparaît antidémocratique.

Dans cette même Constitution révisée, il y a un article querellé sur l’immunité du chef de l’Etat. Est-ce que le président de la République aurait des choses à se reprocher pour qu’il y ait une telle insistance à introduire cette clause ?

Je vais vous dire une chose. Notre Constitution parle bien de l’immunité et non de l’impunité. Et si vous lisez bien notre Constitution, vous allez voir que l’on fait bien la différence entre le président de la République et Monsieur X. On fait bien la différence entre les fonctions exercées et la personne. S’il y a immunité, c’est l’immunité dans l’exercice des fonctions constitutionnelles. Il faut bien le comprendre. On sépare bien les actes commis dans l’exercice des fonctions constitutionnelles et les actes personnels. Et c’est ce que les gens ne comprennent pas. Pour que le chef de l’Etat prenne ses responsabilités constitutionnelles, il faut qu’il soit protégé contre les « recours de sorcellerie ». Parce que, comme on dit, les « apprentis sorciers » vont se lever demain pour mettre en difficulté la personne qui exerce ces fonctions aujourd’hui ou certains membres de sa famille.

En somme, au plan du droit, l’immunité est attribuée au détenteur d’une fonction pour préserver l’indépendance de celle-ci par rapport à toute autre autorité étatique. D’ailleurs, le principe de la séparation des pouvoirs s’oppose à ce que le président de la République soit poursuivi devant les tribunaux. De même, cette Constitution fait de lui, le garant de l’indépendance du pouvoir judiciaire. A cet égard, les dispositions de l’article 53 nouveau de notre Constitution répondent bien à cet impératif en indiquant que seuls les actes accomplis par le président de la République dans le cadre de ses compétences constitutionnelles (Art. 5, 8, 9 et 10) sont couverts par l’immunité et ne sauraient engager sa responsabilité à l’issue de son mandat. Ce texte nouveau vient donc combler un vide juridique relativement à la période post mandat du président de la République.

On a parlé des apprentis sorciers, qui sont-ils ?

Les apprentis sorciers ? J’ai parlé « des recours de sorcellerie ». C’est-à-dire que, les recours qui sont faits pour nuire.

Le chef de l’Etat avait évoqué les « apprentis sorciers » pendant les émeutes de 2008. Certains estiment que ces « apprentis sorciers » sont dans son propre camp…

Je ne sais pas. Mais je crois que les « apprentis sorciers » sont là, dans un camp ou dans l’autre camp…

Dans son camp, ce serait très grave… ?

Dans son camp ce serait très grave, mais ils sont tous « apprentis sorciers ».

Le projet de loi sur la révision de la constitution a été promulgué. Est-ce que l’opposition peut vous accorder du crédit ?

L’opposition camerounaise a toujours critiqué même là où il n’y a pas de critiques à faire.

Estimez-vous que l’opposition camerounaise n’est pas constructive ?

Je ne veux pas dire cela. Mais, je dis que l’opposition est toujours prête à critiquer. Ça c’est son droit, peut-être de bonne guerre. Le chef de l’Etat est en train de mettre en place un système électoral fiable, un système qui garantisse la transparence, un système qui rassure. Mais convenez avec moi qu’il n’existe pas de modèle parfait. A titre d’illustration, on m’a présenté des experts en matière d’élections. Ils ont été eux-mêmes mis à l’épreuve. Je ne veux pas citer de pays pour ne pas entretenir de polémique. Reste que leur propre système a révélé des insuffisances.

Source : Cameroon Tribune

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