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Hon. Robert Bapooh Lipot : « Le gouvernement ridiculise le Parlement »

lundi 14 décembre 2015


Le député Upc du Nyong-et-Kelle accuse le gouvernement de museler les parlementaires. Il a d’ailleurs manifesté sa colère au travers d’une notre où il fait constater que l’institution parlementaire est victime d’une certaine stratégie, venant de la part du gouvernement. Une stratégie qui pour lui, consiste à museler l’action parlementaire, à ridiculiser le parlement aux yeux des populations. Au point où, on serait même tenté de dire que le gouvernement voudrait emmener le peuple à se représenter le parlement, comme une structure qui loin de servirai le peuple, constituerait bien au contraire un instrument de l’Etat. Et refusant d’être complice de cette stratégie, il a trouvé la nécessité de dénoncer cette démarche, non sans prendre tout simplement le cas de la session budgétaire qui vient d’avoir lieu.


Honorable racontez-nous le déroulement de la dernière session budgétaire !!!

Nous avons été convoqués, nous sommes arrivés à Yaoundé, deux semaines, cinq jours, aucun signal du gouvernement. Et après, on nous remet pas moins de 300 pages, et à moins de 24 heures et on lance les travaux de commissions. Le travail des commissions, ne permet même pas aux députés, d’avoir un environnement qui puisse aider à l’analyse même de ce que le gouvernement met à notre disposition comme projet de loi. Je crois cette indélicatesse du gouvernement, consiste même à ridiculiser les députés. Vous avez assisté à l’hémicycle, vous avez assisté à la lecture de la loi par la commission des finances et du budget. Vous avez constatez, que tous les députés rentraient dans la salle, sans détenir dans leurs mains, le rapport de la loi. Nous avons trouvé ce rapport sur notre table, nous avons découvert au moment où le rapporteur général présentait devant la représentation nationale, ce rapport de la loi des finances, et comment voulez-vous, qu’au moment où le rapporteur est en train de présenter à la représentation nationale, la loi de finances que ce soit à cet instant là également, que les députés que nous sommes prenions connaissance de ce qu’il y a dans ce document de trois cents pages.

Est-ce que cette « indélicatesse » dont vous parlez ne relève pas plutôt d’un disfonctionnement de l’assemblée nationale ?

Ça ne relève pas d’un disfonctionnement de l’assemblée nationale, ça relève d’une stratégie savamment organisé par le gouvernement. Qui ne veut pas que le parlement travail réellement. C’est cela qui nous emmène donc à interpeller le chef de l’état, sur le comportement du gouvernement qui tant à ridiculiser le parlement. Aujourd’hui vous voyez des réactions, au niveau des medias, on accuse les députés. On dit que les députés refusent d’écouter le peuple. Et vous voyez dès lors que, les députés changent de statut. Les victimes d’un comportement déloyal venant du gouvernement, que nous sommes, sont transformées en bourreaux. Il faut rétablir la vérité, montré que c’est le gouvernement, qui tant à ridiculiser le peuple, à travers son attitude.

Vous vous insurgez contre le viol de la loi par le Gouvernement. L’on sait cependant que cette attitude n’est pas nouvelle. Le projet de loi de règlement et le projet de loi de Finances ont toujours été déposés avec retard, ce en violation de la loi n°2207/006 du 26 décembre 2007 portant régime financier de l’Etat. Les députés ont-ils déjà fait quelque chose pour changer la donne ?

L’habitude est une approche toujours inscrite dans les gènes biologiques. Ce n’est pas une approche culturelle. Nous ne pouvons pas mettre l’accent sur un comportement qui n’honore pas le gouvernement. Qu’on nous dise que ça a toujours été comme ça. Dans ce cas nous autres, nous ne pouvons pas accepter qu’il en soit ainsi. Voilà pourquoi nous interpellons le gouvernement. Mais le gouvernement, ne respecte pas le parlement. Il faut le dire et le dénoncer. Nous on reste en spectateurs, on subit, on accompagne le gouvernement dans cette action, sans toutefois la dénoncer. Voilà pourquoi au niveau de l’union des populations du Cameroun, nous avons pris la décision de dénoncer et de mettre le gouvernement devant ses responsabilités tout en interpellant le chef de l’état. Parce que ce comportement n’honore pas les institutions camerounaises. Le gouvernement camerounais fonctionne comme si nous n’étions pas dans une logique de séparation du pouvoir. Il fonctionne comme si il faut considère le parlement non pas comme une chambre non pas d’enregistrement. On transforme tout une chambre en un groupe de spectateurs, qui est là pour contempler le gouvernement dans ses dérives. Parce qu’il y a dérive, il y a violation de pouvoir, c’est une attitude qui ne peut ne pas nous empêcher d’interpeller le chef de l’état. Car il est temps qu’il interpelle le gouvernement.

Est-ce que vous n’êtes pas responsables de la situation ? C’est vous qui votez les lois. Celle des finances est passée devant vous et vous l’avez adoptée dimanche dernier sans véritable débat….

Je reprends l’exemple, nous avons découvert dans la salle, la loi des finances, au moment où le rapporteur général la présentait. Et on nous appelle à quel moment ? On, nous appel à 20 heures, pour passer toute une nuit à l’hémicycle, sans toutefois qu’il y ait de débat sur le fond même du document qui était présenté. D’abord quel débat on pouvait avoir alors qu’on n’a même pas pu prendre connaissance avec des documents qui nous ont été présentés dans la salle. Le gouvernement ne veut pas être transparent dans sa politique. Ça c’est une volonté qui consiste à voiler les manquements graves. Je vous prends un exemple, la loi de finance qui sera votée. Nous l’avons analysé en profondeur ? Non. Avons-nous reçu tous les documents à temps pour pouvoir nous prononcer, et prendre en considération les attentes de nos populations ? Non. Nous avons découvert les gravités dans cette loi des finances, les gravités d’une inégalité dans la répartition de l’enveloppe budgétaire. Vous avez des parties de ce pays, qui n’ont même pas un seul projet. Vous avez la concentration de plusieurs projets, parfois c’est pour satisfaire la volonté de certaines élites. Vous voyez même que cette loi, lorsqu’on regarde ses grandes orientations, elles ne portent pas sur des filières de croissance. Les grands repères sont ici, les financements des mégaprojets, qui n’ont rien à voir avec le développement réel d’un pays. Comment peut-on accepter une loi qui n’a pas d’orientation portant sur l’augmentation des salaires tout au moins de la classe moyenne. Nous avons un personnel de l’Etat qui est clochardiser avec une rémunération qui dans aucune gouvernance dans le monde, ne peut porter le nom de salaire. Et lorsque vous prenez en considération les conséquences d’une telle rémunération, vous ne pouvez plus vous interroger sur la corruption, sur les absences au lieu de travail, sur le dégout même des citoyens camerounais à servir leur pays. Donc vous avez un gouvernement, qui ne veut pas le dialogue pour qu’ensemble nous puissions réfléchir sur la construction de ce pays.

A propos de cette loi qui a été votée par l’Assemblée nationale, vous auriez pu demander son renvoi en Commission des finances et du budget…

Cela a été fait, plusieurs député l’on demandé, malheureusement, nous sommes dans un contexte où les députés du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) sont acquis à la cause du gouvernement. Par conséquent ils ne partagent pas notre point de vu. D’ailleurs les députés du groupe parlementaire Rdpc sont parfois victime de ce qu’on appelle le risque de la déontologie. Mais en apartheid, Ils dénoncent cette démarche du gouvernement.

Les années précédentes le même schéma a été reproduit. Qu’avez-vous fait pour que les aspirations des populations soient prises en compte ?

Nous ne sommes là que depuis 2013, nous avons pris le temps de l’observation, le temps de l’analyse, nous sommes maintenant dans la dénonciation. Nous avons observé qu’il y a des mécanismes mis sur pied par le gouvernement, pour ne pas permettre au parlement de remplir convenablement ses fonctions. Nous voulons donc aussi, interpeller le peuple, pour lui dire que lorsque le gouvernement décide de casser le rythme, ce n’est pas le parlement qui le fait. C’est une volonté du gouvernement, qui n’a même pas été discuté au niveau du parlement. Il faut que le gouvernement l’assume. Que lorsque le gouvernement refuse de reverser les redevances forestières annuelles au populations annuelles, prenant cela pour aller engraisser une partie du personnel, du ministère des finances, alors que ces derniers de par leurs fonctions primordiales ont déjà des primes, relevant de leurs actions, que c’est une action du gouvernement qui n’a pas eu l’aval du parlement.

Si vous établissez la responsabilité du gouvernement dans la situation qui prévaut au parlement en ce moment, ne peut-on pas également dire que la représentation nationale est aussi en cause notamment en raison de son manque de sérieux ? Cette session par exemple a brillé par un absentéisme criard des députés…

Vous savez ce qui attire les élèves dans une salle de classe, c’est le cours, et la qualité du cours. Et la valeur du cours. Sachant que chaque fois qu’on ira au cours de cet enseignant on ressortira avec des connaissances consistantes. Lorsqu’on vient à l’Assemblée nationale et qu’on se retrouve en train de tourner en rond sans toutefois qu’on ait de la matière à réfléchir, que voulez-vous ? Le gouvernement tourne en rond, le gouvernement refuse l’accord des députés dans l’analyse de la loi de ce pays.

Les travaux sont achevés, quel bilan peut-on faire de la session budgétaire de novembre 2015 ?

Vous avez été avec nous à l’Assemblée nationale. Quel bilan peut-on faire de cette session ? Nous sommes venus à Yaoundé, mais le gouvernement ne nous a pas permis de travailler. Ils ont utilisé des stratégies qui ont fait que le Parlement camerounais n’a pas pu étudier en profondeur la loi des finances pour l’exercice 2016. Nous n’avons pas pu prendre connaissance des grands axes de cette loi, pour pouvoir vérifier si les attentes de nos populations ont été prises en compte. Dans une perspective, cette loi n’a pas reçu le vote du parlement. Mais comme la stratégie consiste à passer en force, nous constatons que le gouvernement a fait un tour à l’Assemblée nationale, a passé une séance de prestidigitation à l’Assemblée nationale et les députés n’ont pas pu vérifier si les attentes de son peuple ont été prises en compte par ce budget.

Entretien mené par Ben Christy Moudio(LNE)

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