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Guerre contre Boko Haram : Sur les traces des ex-otages

vendredi 27 octobre 2017


Revenus au pays après des années de captivité, ils sont souvent rejetés par leurs communautés, mais font objet d’une attention soutenue des pouvoirs publics.

Ils reviennent de loin, les Camerounais qui étaient en captivité au Nigeria, dans les griffes des adeptes de la secte Boko Haram. La plupart étaient dans la célèbre localité de Tchénéné, d’autres à Hourbetch, et d’autres encore à Kamdjidji, des zones entièrement sous le contrôle de la nébuleuse. Pour certains, ils ont vécu deux années de captivité sous les sévices de ces forces du mal. A la faveur d’une expédition punitive des Forces multinationales mixtes, ils ont été libérés et ramenés au bercail. Et comme on peut le comprendre, ils n’ont pas été vus d’un bon oeil leurs anciennes connaissances. Ils ne voulaient plus de leurs frères. Mais, Paul Biya, en père de famille, leur a ouvert ses bras. Le chef de l’Etat vient d’envoyer sur place à Mozogo dans le département du Mayo-Tsanaga où ils sont recasés, le gouverneur de la région de l’Extrême-Nord pour échanger avec eux et enregistrer leurs préoccupations. L’objectif étant que chaque citoyen se sente à l’aise dans l’environnement où il se trouve. Visiblement, ce sont des Camerounais bien affaiblis par « l’esclavage » dont ils ont été victimes. « Pendant la captivité, notre principale activité était les travaux champêtres. D’ailleurs, nous étions obligés de travailler. A défaut, on pouvait mourir de faim. Boko Haram n’ayant pas de denrées alimentaires pour nous nourrir, on était obligé de manger parfois du mil sec », nous a raconté l’un des ex-otages, pratiquement au bord des larmes. Pour les pouvoirs publics, il est question de tourner rapidement cette triste page. Une batterie de mesures est en train de se mettre en place en vue de redonner à ces compatriotes, le plaisir de vivre au Cameroun, leur pays natal. Concernant les enfants en âge de scolarisation, aucun souci. Ils sont déjà inscrits dans des écoles. Gratuitement. Bien plus, chacun de ces 157 enfants a reçu gracieusement un kit scolaire. Tous les otages reçoivent aussi des soins de santé. Sous le contrôle des pouvoirs publics, les partenaires au développement sont en train de s’organiser en vue de leur permettre d’exercer des activités génératrices de revenus. Selon Julien Martial Assé, le sous-préfet de l’arrondissement de Mayo-Moskota, il est prévu une formation en vue de permettre à chacun de ces exotages de mettre en jeu ses talents et gagner sa vie. En somme, les ex-otages se débarrassent progressivement du stress qui les a habités durant leur captivité. Les statistiques du centre de santé intégré de Mozogo révèlent qu’au sein de ces ex-otages que la ville de Mozogo a accueillis depuis février dernier, on a déjà enregistré neuf naissances. Sept autres femmes attendent un bébé.

Par Patrice MBOSSA(CT)

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