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Douala : Un quartier à sec depuis 3 mois

lundi 27 juin 2016


Les occupants des maisons situées sur la rive droite du prolongement du boulevard de la République, au lieu dit ancienne mosquée, dans l’arrondissement de Douala 5ème n’ont que leurs yeux pour pleurer voilà plusieurs mois. Ils sont abandonnés à eux-mêmes. La Cde dans le silence.

C’est sous un climat tempéré que La Nouvelle Expression a effectué une descente ce mercredi 22 juin 2016 au quartier Bonabo dans la cité économique. Une zone sise au Boulevard de la République en chantier. Sur le coup de 11h, jeunes et adultes sont pour la plupart dans leurs ménages ou aux alentours. Normal puisque la majorité des élèves est en vacances scolaires. Les uns ont l’esprit concentré sur leurs occupations en bordures de route (maçons, coiffeurs, gérants de bars, braiseurs de maïs, plantains, prunes…), les autres (ménagères) sont à la cuisine tandis que les gamins de 2 à 7 ans jouent ci et là. Le quartier est bien calme à cette heure de la journée. Mais une tranquillité qui masque une colère profonde. Les habitants des lieux sont sans eau depuis trois mois. « Nous souffrons. Nous sommes contraints de laver les enfants d’à peine quatre mois avec de l’eau minérale. Que de dépenses colossales ! C’en est trop », crie Cécile P. qui vient d’accoucher d’une fille. Cette dernière a à peine quatre mois.

« Nous souffrons énormément. Nous avons appelé à plusieurs reprises les agents de la Camerounaise des eaux, sans succès. A l’autre bout du fil, on nous rétorque que la pénurie d’eau est la conséquence des travaux entrepris en ce moment par le Génie militaire et qu’il faudra attendre la livraison du Boulevard de la République pour avoir de l’eau », se plaignent à l’unanimité les populations. Leurs regards sont sombres. Les mines moroses. Signes de colère mais de détresse. « Nous voulons de l’eau potable. Nous voulons être à l’abri des maladies dues à la consommation de l’eau douteuse provenant des puits et même des forages. C’est dur dur », supplient les riverains, certains que votre journal sera lu par les responsables en charge de l’eau dans la région du Littoral et espérant une réaction de leur part. « Nous souhaitons simplement qu’ils descendent au quartier constater les faits. Et voir s’il y a une possibilité de nous satisfaire car, en face de nous, les autres citoyens ont de l’eau qui coule dans les robinets. Pourquoi sommes-nous les seules victimes ? », s’interrogent les compatriotes. Mis à part les puits, les forages en faible nombre sont désormais le point de chute d’une partie des riverains. « Nous n’avons pas le choix. Nous sommes obligés de débourser 25 Fcfa par récipient pour nous approvisionner en eau issue des forages. Nous sommes alors exposés au prix fixé en fonction des humeurs des propriétaires de ces forages », continuent les citoyens. Rappelons que concernant le prolongement Nord du Boulevard de la République, les travaux en cours et réalisés par le Génie militaire visent à la construction d’un giratoire.

Entre rareté et gaspillage

Tandis que les uns recherchent le précieux liquide, les autres en ont au point d’en laisser couler sur la voie publique, au vu et au su de tous. C’est le cas à Ndogbong. Précisément au « Carrefour Hermitage où depuis trois semaines, l’eau coule à flots à cause d’un tuyau cassé. On a l’impression qu’il s’agit d’un jet d’eau semblable à celui qui est à la Douche municipale. Le précieux liquide arrose les passants qui sont sans gêne », témoignent les habitants du coin. Fait similaire au lieu-dit Vallée Bessenguè. « C’est à croire que la vie est vraiment paradoxale. Les uns pleurent et les autres se réjouissent. La faute à qui ? Pas aux habitants en tout cas. Les acteurs de la Camerounaise des eaux doivent se sentir interpellés tant sur la pénurie que sur l’abondance des canalisations défectueuses », tentent d’expliquer des citoyens. Au moment où nous allions sous presse, difficile d’avoir une réaction prompte de la Cde jointe au téléphone.

Par Linda Mbiapa(LNE)

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