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Dakar : le marché Kermel agonise

lundi 8 août 2011


Visiter les marchés est sans doute le meilleur moyen de s’imprégner de l’ambiance d’une ville. A Dakar, Kermel était le lieu prisé par une certaine clientèle. Principalement les européens. Mais depuis quelques années, surtout après l’incendie de 1994, ce marché, pourtant classé patrimoine mondial de l’Unesco a perdu son lustre d’antan. Il offre désormais un décor désolant avec sa bâtisse qui risque de s’écrouler sur des produits qui peinent à trouver preneur.

De tous les marchés du Sénégal, Kermel est le plus touristique. Niché au cœur de Dakar, entre l’avenue Sarrault et le Port, ce petit marché se singularise par sa taille mais aussi par sa construction architecturale. Dans ce très beau bâtiment qui date de 1910, on y trouvait tous les produits alimentaires de type européen. Ce, avant bien qu’il ne soit ravagé par les flammes d’un incendie en 1994 et reconstruit en 1997.

Sur ces alentours, des vendeuses de fleurs circulent avec des bouquets (fleur), à côté de boutiques d’artisanat (vannerie, sculpture sur bois, maroquinerie) et de magasins modernes. Des boucheries, épiceries, rivalisent avec les marchands ambulants et autres talibés qui y ont élu domicile. C’est le nouveau décor qu’offre tristement Kermel, pourtant classé patrimoine mondial de l’Unesco.

Mais le plus triste c’est que Kermel semble laisser à son propre sort en cette période d’hivernage où les eaux ont fini par “submerger“ la capitale sénégalaise. Aujourd’hui, Kermel agonise au vu et au su de tout le monde. Malgré les coups de gueule des architectes, ce marché est en train de mourir de sa belle mort.

Avant le marché Kermel, il y avait rien. On vendait juste des produits surtout pour les européens. On amenait la viande du port autonome de Dakar. Parce qu’il y avait même pas des frigos. Le lendemain, on récupère la viande et on l’amène ici au marché Kermel pour la vendre. C’était comme ça“, raconte, très nostalgique, Mamadou Diallo, boucher de son état. D’origine guinéenne, il travaille au marché Kermel depuis des années. Mais, avec le nouveau décor qu’offre ce lieu qu’il considère comme sa vie

Le temps des regrets

il ne peut pas s’empêcher de nourrir des regrets. “Il faut mettre des sacs de poubelles pour rendre propre le marché parce que y a beaucoup d’ordures“, souligne sans trop insister sur les montagnes de saletés qui jalonnent à quelques mètres du bâtiment.

Du côté du délégué des commerçants, on se refuse à tout commentaire, même si visiblement, on ne semble pas apprécier la situation. Mieux, on nous confie que certaines personnes avaient même reçu des pressions de toute part après avoir fait des témoignages sur une radio étrangère. “Depuis cette affaire, je ne veux plus parler“, confie un délégué cherchant vainement à nous trouver un interlocuteur.

Finalement c’est Omar Pam qui accepte volontier à dire tout haut ce que ses autres camarades pensent très bas.

“Nous avons trois problèmes ici. D’abord, c’est la sécurité, ensuite nous sommes envahis par des talibés et les marchands ambulants qui empêchent les clients de faire correctement leur achat. Finalement, la clientèle, surtout européenne qui faisait nos affaires, a fui. Troisièmement, c’est la pluie. Vous constatez de vous-mêmes. La toiture ne tient plus. Pendant la période hivernale, on perdait beaucoup de produits à cause des inondations. Parce que l’eau entre à l’intérieur du marché. C’est une situation assez délicate pour nous“, martèle ce commerçant ulcéré par la dégradation du marché Kermel.

“Nous sommes abandonnés à nous-mêmes”

Et d’ajouter : “il se pose aussi un problème d’étanchéité au niveau du marché. D’ailleurs, il y a des magasins qui se sont gâtés. Des canaux sont bouchés même si le comité de gestion est en train de faire tout son possible. Mais souvent, ça nous dépasse“.

“Pour la sécurité, au début, il y avait des policiers. Maintenant, nous sommes abandonnés à nous-mêmes. Nous sommes obligés de payer la garde à des gardiens en civile“. Toutefois, s’empresse-t-il de préciser : “la mairie de Dakar nous a envoyé des surveillants. Le maire essaie de nous apporter sa contribution. Parce que c’est la mairie qui doit gérer les ordures, veiller sur la propreté et la sécurité du marché en engageant des gardiens.

Malheureusement, c’est nous qui les payons à la fin de chaque mois“. “C’est pourquoi, le seul appel que je lance appel aux autorités c’est qu’elles nous aident sur le problème d’étanchéité et de sécurité“, conclut M. Pam. Son camarade renchérit en listant les différentes ethnies et autres nationalités qui travaillent au marché Kermel. “Il y a des Sénégalais, des Guinéens et des Maliens. Au début, le marché grouillait de monde et de clients. A 10 heures, on pliait bagages et on rentrait chez nous. Malheureusement, maintenant les gens restent toute la journée sans rien vendre à moins que vous soyez un fournisseur“, indique Lamine Diatta. Chez les dames, c’est le même son de cloche. Yandé N’diaye confie : “Avant, il y avait beaucoup de clients, mais maintenant nous ne les voyons que rarement parce que les produits sont chers. Nous restons toute la journée sans clients. Mais, nous rendons grâce à Dieu.

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