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DIES IRAE… JOUR DE COLERE : Le Cameroun, un pays béni des dieux, un peuple haï par ses dirigeants.

mardi 12 mars 2013


L’événement ne devrait pas passer inaperçu ou être éclipsé par les dernières ‘’simagrées sénatoriales’’ qui ne sont qu’une façade du ‘’gouvernement par la diversion’’ dans lequel le régime de Yaoundé est passé maitre. Il y a quelques jours, en soixante douze heures, le vrai visage de ce régime s’est affiché dans toute sa laideur en deux occasions.

La première : Une rencontre avec la presse organisée par l’ONG Tribunal Article 53 à l’intérieur du siège du Manidem, un parti politique légalisé, il s’agit bien d’un lieu privé, est interrompue par les gendarmes conduit par le commandant de compagnie Moutoulou, en exécution d’une interdiction signée par le Sous-préfet Ekoa Mbarga ; sur quelle base légale ? Aucune, puisque la dite rencontre ne se tenait pas dans un lieu public.

La deuxième : Les militants de l’UPC, un parti politique, se regroupent au rond point de Deido pour une manifestation pacifique, après en avoir informe le Sous- préfet du ressort. Surgissent les gendarmes qui dispersent la manifestation, arrêtent Albert Moutoudou et Alexis Ndema, les deux leaders du mouvement. Apres un interrogatoire par le lieutenant Mbang Eto et Moussiga, ils sont placés en garde à vue et passent la nuit dans une cellule par une décision du Lieutenant – Colonel Ze pour réunion illégale, une raison illégale puisque le Loi de 1990 régissant la matière fixe que les réunions publiques sont soumises au régime de déclaration et non comme l’applique abusivement l’administration au régime d’autorisation.

Ainsi peut se définir la tragédie du Cameroun : un pays qu’on dit à satiété être béni des dieux, mais dont on voit le peuple subir à chaque occasion la haine de ses dirigeants, ceux la qui ont le contrôle des instruments de la violence d’Etat. Car, il n’ ya que la haine, une haine insensée, une haine inhumaine qui peut expliquer les maltraitances dont sont victimes au quotidien les citoyens de ce pays. Maltraitances et abus de pouvoir infligés par les, et je cite à dessein leurs noms, Ekoa Mbarga, Ze et consorts, car ils doivent être inscrits dans le livre des oppresseurs du peuple camerounais et savoir qu’un jour viendra, où ils pourraient avoir à répondre de leur crime, et ce jour la, ne prévaudra que leur responsabilité individuelle et personnelle, sans possibilité de se dérober derrière le prétexte de l’obéissance aux ordres reçus.

La repression du peuple camerounais doit en effet cesser d’être une entreprise sans nom, sans visage, sans responsabilité établie, la persistance de cet état de fait est un encouragement aux ‘perpetrateurs’’. Désormais, les noms des bourreaux et oppresseurs doivent être connus, car viendra un jour ou ils devraient répondre de leurs méfaits, comme cela se voit de nos jours dans d’autres pays.

Ne faut –il pas être habité par l’esprit de la haine pour interdire de parole l’ ONG ‘’Tribunal Article 53’’ qui voulait évoquer le sort fait à Paul Eric Kingue, condamné hier sous un fallacieux prétexte à une peine de prison à …vie avant que celle-ci ne soit ramenée à 10ans, s’ agissant de lui faire payer d’ avoir osé demander qu’ une entreprise néocoloniale paie les impôts appropriés à sa commune, ou le sort fait à Enoh Meyomesse, ce pur intellectuel à qui on fait payer son audace et sa dissidence ?

Y a-t-il plus haineux que de se permettre d’incarcérer les militants de l’UPC, le plus vieux parti du Cameroun, engagés dans une manifestation pacifique, alors qu’ on sait que des milliers de ses membres ont depuis plus de 60 ans payé de leur vie leur lutte pour la jouissance des droits politiques des Camerounais ? Que Ndema et Moutoudou conduisant une manifestation pacifique en 2013 soient arrêtés et incarcérés dans une cellule à rats par une clique civile et militaire illustre bien que le meme esprit qui maintient le Cameroun depuis près de 60 ans sous un joug d’oppression criminelle reste vivace. Ce constat, triste s’il en est, doit susciter de tout Camerounais un sursaut d’indignation.

Indignation

Cette indignation doit s’exprimer dans la question : Où est le Président du Cameroun ? Ces actes attentatoires aux Droits politiques de base et posés par des individus qui se prévalent de le servir sont- ils connus de lui ? Sont- ils avalisés par lui ? N’est ce pas lui qui à son arrivée au pouvoir…il a 31 ans, a déclaré que ‘’nul n’a plus à prendre les armes et à aller au maquis pour faire entendre sa voix’’ ? Ou faut-il comprendre que ‘’ faire entendre sa voix ‘’ signifie ne pas avoir de voix du tout ? Ou faut – il se faire à l’idée que sous son régime, ‘’ le maquis’’ est remplacé par les cellules ou pullulent les cafards et les rats des cellules d’emprisonnement du Cameroun lorsqu’ on s’avise à exprimer son opinion ?

L’indignation doit également se manifester dans le refus absolu de laisser qu’une minorité d’individus sans légitimité, se refugiant derrière la ‘’légalité’’ surfaite du décret, maintiennent le Cameroun sous leur botte, refusent aux citoyens de ce pays la jouissance des droits politiques et civiques de base reconnus de nos jours aux citoyens des pays de par le monde.

L’indignation doit se vivre, pour n’être pas seulement une incantation vaine, en s’engageant de manière déterminée et visible dans les organisations en lutte contre ce système inique, nourri de la colère sainte d’une résistance sans concession à tant d’injustices et d’humiliations. Rester un spectateur au bord de la route n’est pas une option. L’arrogance et la mauvaise foi croissante qu’affichent les épigones de ce régime ne laissent désormais plus d’autres options que de rêver de suivre l’exemple de peuples comme celui d’Egypte et de Tunisie, qui déchirant le voile trompeur de victoire électorale à 80%, ont mit à bas en un temps record des régimes siamois à celui qui oppresse les Camerounais.

Cet exemple nous enseigne que l’espoir est permis. L’engagement est un impératif, car comme il est dit a l’Article 35 Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen du 24 Juin de 1793 : ‘’ Quand le Gouvernement viole les Droits du Peuple, l’insurrection- pacifique, j’ ajoute- est pour le peuple ou pour une partie du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs’’.

Célestin Bedzigui

Chairman

CAMDIAC- Cameroon Diaspora for Change

New York, 27 Fevrier 2013

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