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Crash de Mbanga-Pongo:le site abandonné avec les épaves de l’avion

mardi 9 mai 2017


Dix ans après le crash du vol KQ 507 de la compagnie aérienne Kenya Airways qui avait fait 114 morts dans la nuit du 04 au 05 mai 2007, le site du crash dont l’aménagement avait été prévu est abandonné dans la forêt. Les populations sont toujours dans l’attente des promesses faites par le gouvernement. La construction d’une route, l’accès à l’eau potable, l’école publique, la brigade de gendarmerie, le commissariat et la sous-préfecture promis restent attendus.

« Gendarmerie ». C’est un point de repère du quartier Mbanga-Pongo, situé dans l’arrondissement de Douala 3ème, à la sortie est de la capitale économique. Pourtant, « Gendarmerie » représente un grand espace encore inoccupé sur lequel va être construit la brigade de gendarmerie de ce village. Sur ce site, une vieille cabane construite en matériaux provisoires. Tout à côté, la pancarte indiquant le début des travaux ne tient plus en place. La plaque des travaux est adossée sur une maison en planches. Sur cette pancarte, on peut lire « marché n°000055M/Pr/Minmap/Gn/Csspm Planut/2015 pour l’exécution des travaux de voirie réseaux divers et aménagement extérieur du poste de gendarmerie de Mbanga-Pongo à Douala (Lot 16) ». La même enseigne renseigne également sur ce que les travaux verront sortir de terre un bâtiment R+1 pour locaux de service et bâtiment d’astreinte du chef de gendarmerie de Mbanga-Pongo. Le maître d’ouvrage, le secrétaire d’Etat à la Défense, en charge de la gendarmerie nationale.

A l’image de ce chantier abandonné depuis bientôt deux ans, Mbanga-Pongo ressemble à une ville abandonnée. Parcourir la distance de 6 km de route qui va de Borne 10 jusqu’à ce poste de gendarmerie est un véritable chemin de croix. La route est boueuse et marécageuse. Ici, seules les motos dictent leur loi. Les taxis ne peuvent pas s’y aventurer à cause de l’état de la route. Et, à moto, il faut mettre une trentaine de minutes au moins pour atteindre le poste de gendarmerie. Par endroit, la route est plutôt sablonneuse. Plus on avance vers le site du crash, plus les domiciles d’habitation se font rares.

Ossements humains

Du poste de « gendarmerie », il faut mettre environ trente minutes à pied pour atteindre le site du crash. La mangrove dans laquelle l’avion de la compagnie aérienne Kenya Air-ways avait achevé son vol avec à son bord 114 passagers. C’était dans la nuit du 04 au 05 mai 2007, sous une pluie torrentielle. Comme par coïncidence, dix ans plus tard, le mercredi 3 mai 2017, une fine pluie s’abat sur la capitale économique. Pour parvenir à ce site, il faut être accompagné d’un guide. Muni d’un bâton, Moussa Tao, le guide, marche, les yeux rivés vers le sol. La fine pluie qui tombe exige de faire encore plus attention et de redoubler de prudence. Bâton en main et bottes aux pieds, il faut avancer avec précaution, tâter l’endroit à l’aide du bâton. Le chemin est parsemé de boue et d’eau. Après environ vingt minutes de marche, « voilà le site du crash », lance Moussa, avant de poursuivre, en pointant du doigt un petit lac sur lequel on voit des algues. « C’est ici là même que l’avion est tombé. Le cockpit de l’avion est resté à l’intérieur avec certains corps », affirme le guide.

A côté de ce cratère rempli d’eau, de vieilles chaussures et des bouts de vêtements. « Ils appartiennent aux passagers de l’avion », explique le guide. Tout près, un énorme réacteur déjà attaqué par la rouille, la jante d’une roue et un morceau de l’épave de l’avion. « Il y en avait bien plus. Une bonne partie de l’épave a été emportée par les ferrailleurs ». Toujours au bord du lac, Moussa pointe un autre endroit du doigt. « Là-bas, c’est là où on a enterré des ossements humains, il y a quelques mois. Quand il pleut fortement, des ossements humains sortent du lac pour se déverser au bord. Si vous fouillez bien, vous verrez ces restes humains », poursuit-il. Le site du crash est entretenu par les membres du comité de développement de Mbanga-Pongo.

Promesses

A en croire David Simo, membre dudit comité de développement, des travaux de défrichage afin d’entretenir le site sont régulièrement effectués. Egalement sur les lieux, des bornes ont été posées pour délimiter l’espace qui ne doit pas être occupé et doit servir aux travaux d’aménagement. Selon un habitant de la zone, l’espace délimité pour servir de mémorial aux victimes de cet accident d’avion est de 50 m tout autour du crash. Donc, une superficie de 2 hectares. Surtout que, indique le guide, Mbanga Pongo est très sollicité par les acheteurs de terrain et l’espace situé tout atour du crash a déjà été acheté. Depuis le crash qui a fait 114 morts dont 105 passagers (parmi lesquels 34 Camerounais), 9 membres de l’équipage, Mbanga-Pongo est devenu tristement célèbre. Des promesses avaient été faites par la compagnie aérienne et par les autorités camerounaises.

Mais, dix ans plus tard, Mbanga-Pongo n’a pas changé. « La compagnie aérienne Kenya Airways et les autorités camerounaises nous ont promis des points d’adduction en eau potable, de construire la route et un hôpital. Mais plus le temps passe, on croit que c’était un leurre », se plaint Melinga Abat, chef de Mbanga-Pongo. Ce quartier de Douala 3ème manque quasiment de tout. Mbanga-Pongo n’a pas d’école publique, pas de brigade de gendarmerie, pas de commissariat. Le seul établissement public est le Ces qui deviendra lycée dès la rentrée scolaire prochaine. Ici, les établissements privés ont la cote.


Familles

Dix ans plus tard, la douleur reste vive dans les cœurs des familles des victimes. Rencontré au lieu-dit Camp Yabassi dans sa boutique de vente des pièces d’automobiles, le frère cadet d’une des victimes a du mal à revenir sur ce triste jour. Il renvoie le reporter vers un autre de ses cadets qui le réexpédie lui aussi vers son frère ainé. Par la suite, il dira juste avoir pu récupérer la dépouille sans tête de son frère, longtemps après le drame. « J’ai reconnu le corps parce que c’est moi qui ai accompagné mon frère à l’aéroport ce soir-là. C’est à travers ses vêtements que je l’ai reconnu », explique ce frère de la victime. Sans plus. Tout à côté, dans une autre boutique, le frère cadet d’une autre victime de nationalité nigériane est visiblement très abattu lorsque le sujet est évoqué. Après un long moment de silence, il se lâche. « … Non. Je ne peux pas. C’est trop dur. Je ne peux pas. Je n’ai pas été préparé. Ce n’est pas facile », lance-t-il en secouant la tête, tout triste. « Même quand les gens parlaient encore de cela ici, je ne disais rien. Je restais calme et je partais. Je ne voulais pas suivre les commentaires sue le sujet », lâche-t-il attristé. Et sur le site, des familles ont cessé de venir se recueillir depuis plusieurs années. « Au départ, les familles des victimes venaient se recueillir et prier ici. Mais, elles ne viennent plus. Sûrement à cause du mauvais état de la route », pense Moussa. A en croire ce dernier, une quarantaine de chrétiens catholiques sont venus se recueillir sur le site dimanche dernier avec des chants et prières. Il y a de cela un an, apprend-on, une commission du secrétariat d’Etat à la Défense (Sed) descendue sur le site du crash a constaté la présence des restes de l’avion et a promis de rendre compte et revenir récupérer l’épave. Un peu 0plus loin, « il y a deux ans, huit Européens sont venus se recueillir sur le site du drame. Mais, ils ont été obligés de déposer leurs fleurs au pied d’un arbre, loin du site du crash. Je n’étais pas là et il n’y avait personne pour les y conduire », indique le guide, d’après qui la construction d’un monument sur ce site aurait drainé plus de visiteurs, touristes et familles. Un monument qui, déplore les habitants de Mbanga-Pongo, a été construit plutôt au Bois des singes.

Par Blaise Djouokep (Mutations)

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