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Cameroun : Voici pourquoi les médicaments sont chers au Cameroun

lundi 26 août 2013


Comparés au pouvoir d’achat chétif des Camerounais dont une frange importante, soit près de 40% vit sous le seuil de pauvreté, les prix des médicaments sont connus élevés et exagérés pour certaines couches sociales dans notre pays où pourtant les dépenses des ménages sont pour 53% consacrées aux médicaments, selon des sources sanitaires.

1-Les transnationaux, véritables acteurs

Les médicaments ne sont plus à la portée de toutes les bourses. Seules des familles nanties peuvent se les approprier. L’incessante flambée des prix ayant contraint beaucoup de Camerounais à se soigner dans la rue. Avec tous les risques que cela comporte. Sous la barbe et le nez des autorités sanitaires. Enclines à autre chose qu’à élaborer de véritables mesures qui encourageraient par exemple la mise en place des génériques. Au bout du compte, transnationaux qui ont mis sur pied un système complètement opaque qui garantie les marges arrières qui sont parfois de 200% et pharmaciens plus prédisposés à faire de l’affairisme qu’à veiller à la santé des Camerounais. Une situation qui désole les patients désorientés et déboussolé, ne sachant plus quoi faire, face à des prix de plus en plus élevés.

« A cette allure si rien n’est fait le pauvre ne pourra plus s’acheter les médicaments en pharmacie. Avec 20.000 Fcfa je n’ai pu acheter que trois médicaments sur les cinq prescrits. Où vais-je trouver de l’argent pour acheter les deux autres restants ? » Se plaint Nicolas Epanda qui tient en main une ordonnance. En face de la pharmacie de Douala, non loin du lieu dit carrefour Tif, ce patient a le regard hagard. Et affirme ne plus savoir à quel saint se vouer. Cette expérience des prix qui flambent vertigineusement et varient d’une pharmacie à l’autre, nombre de Camerounais l’ont déjà faite. Comparés au pouvoir d’achat faible des populations dont une bonne partie (près de 40%) vit en dessous du seuil de pauvreté, les prix des médicaments sont réputés élevés et prohibitifs pour certaines couches sociales au Cameroun, pays où pourtant les dépenses des ménages sont pour 53% consacrées aux médicaments, selon des sources sanitaires. « Les Prix sont élevés au Cameroun à cause de l’influence des laboratoires sur les prescripteurs. C’est une vérité de lapalissade », tente d’expliquer un membre de l’ordre des pharmaciens. Pour illustration. Tenez par exemple ! En pharmacie, les différences de prix sont aussi fonction des différentes déclinaisons des médicaments. Par exemple, le Paracétamol se vend 16.445 francs CFA pour une boîte de comprimés 50x4 sous la dénomination de Fébrilex, contre 1.905 Fcfa une boite de 16 d’Efferalgan codéine, 1.655 francs pour Dafalgan codéine et 565 francs pour 20 comprimés d’Antidol 500 mg. Autres exemples qui illustrent bien la cherté des médicaments le cas du Métronidazole qui vaut 2.005 francs sous la dénomination de Nidazol 250 mg pour une boîte de 20 comprimés, 2.195 francs pour Nidazol 500 mg, 3.215 francs pour 100 comprimés de Cintazole 250 mg, 2.340 francs une boîte de 20 comprimés de Flagyl 250 mg et 2. 230 francs une même boîte de Supplin. Ces prix ne sont pas standards. « Tout cela est cher et n’est pas à la bourse du Camerounais moyen comparé au salaire minimum inter garanti », pense Eric Vincent Kamdem, conducteur de moto taxi.

Chaque jour environ 50.000 personnes se rendent en pharmacie au Cameroun. Douala se taille la plus grande proportion. Ce chiffre est du pharmacien Luc Meilo dans son ouvrage intitulé « Boussole médicale ». Un chiffre qui pourrait baisser considérablement dans les prochaines années. Car ils sont de plus en plus nombreux qui, abattus par le coût hors de portée des soins en pharmacie, s’approvisionnent au marché noir en dépit des risques encourus. Selon les conclusions d’une étude que fit Porsper Hiag, pharmacien qui pense qu’il y a un réel problème et qui raisonne qu’il faut s’investir dans la promotion du médicament générique, plus de 30% des patients déclarent aller au marché illicite, qui concentre plus de 80% de médicaments non homologués.

2-Des bénéfices incitatifs

Et d’indiquer qu’un médicament qui vaut 2.000 Fcfa, sous forme de générique, est parfois de même qualité que celui qui coûte 9.000 Fcfa en tant que spécialité. D’après une étude publiée dans un document intitulé « La boussole médicale » par le Dr. Luc Meilo, pharmacien, environ 1. 800 références commercialisées étaient recensées au 1er janvier auprès des grossistes répartiteurs contre 5.300 références au total homologuées, selon le ministère de la Santé publique. D’après les statistiques, officiellement, comme ailleurs dans le monde, les trois quarts de ces médicaments sont constitués de génériques. Toutefois selon des opérateurs de la filière mêmes, la commercialisation des spécialités prédomine, précisément dans le circuit privé. « Beaucoup de médicaments sont génériqués. Le problème : ça reste une activité qui est une activité commerciale. Le ratio aujourd’hui des spécialités par rapport aux médicaments génériques, quand vous voyez les ventes globales de tous les grossistes réunis, les génériques sont entre 15 et 20% », constate le Dr. Prosper Hiag, président de l’Association des grossistes et des prescripteurs du Cameroun (Agpc) et vice-président de l’Ordre national des pharmaciens. Poursuivant, il affirme à propos que : « nous n’avons pas encore dans nos gammes suffisamment de médicaments génériques. Les prescripteurs sont encore otage des laboratoires. Ce sont les laboratoires qui les informent généralement des nouveautés et ce sont eux aussi d’ailleurs qui les forment. Cette information est orientée vers les produits que les laboratoires fabriquent et quand ce sont des spécialités, ils leur parlent de ces spécialités-là qui coûtent plus cher que les génériques ».

Toutes choses qui expliquent la cherté des prix de médicaments au Cameroun, un pays où des familles moins nanties éprouvent encore d’énormes difficultés à se soigner. En dépit d’une détermination voilée de ceux qui gouvernent de faciliter l’accès aux soins de santé aux populations, résolument tournées vers les centres de santé publics dans l’espoir d’obtenir, à des prix abordables et sous forme de génériques, les traitements destinés à les soulager de leurs maladies.

Selon une enquête faite en 2012 par un étudiant Camerounais en faculté de médecine à l’Université de Montreuil au Canada, « l’approvisionnement des vendeurs illicites provient en partie du marché pharmaceutique national, dans une proportion estimée à 48 % ». La majeure partie serait, note-elle constituée d’achats chez les grossistes, chez les producteurs locaux et dans les officines qui consentent des rabais pour les achats en nombre, selon des sources. A cela s’ajoutent « les détournements dans les établissements publics et privés, les médicaments provenant de collectes de médicaments récupérés, (notamment en France Ndlr), les échantillons médicaux ». De sources proches de l’ordre national des pharmaciens du Cameroun, les importations illicites sont facilitées par la perméabilité des frontières et par la complicité et la corruption des agents de contrôle aux portes d’entrée par voie maritime, aérienne ou terrestre. Pour sa part, l’origine des produits est souvent difficile à identifier. Le Nigéria qui, selon l’Observatoire géopolitique des drogues, est la plaque tournante du commerce illicite, est souvent cité comme fournisseur de ce marché (25 %) avec des médicaments fabriqués localement ou en provenance d’autres continents (Inde, Chine. etc.) ainsi que le Ghana et d’autres pays plus ou moins voisins.

3-Des médicaments génériques, solution

Le marché se dispute entre, d’une part, un secteur privé commercial constitué de six grossistes répartiteurs agréés et 380 officines fonctionnelles, d’autre part, un secteur privé industriel avec treize entreprises de fabrication locale dont huit opérationnelles, et enfin un secteur confessionnel à but non lucratif. Les bénéfices sont incitatifs. Au cours de la conférence scientifique sous le thème « le médicament générique : enjeu de santé en Afrique, il en ressort que sur les spécialités importées, la marge globale est de 53,1% du prix de revient dont 14,17% destinés aux grossistes et 38,94% aux détaillants, tandis que les médicaments essentiels génériques accordent une marge bénéficiaire de 20% du prix de revient au profit des grossistes et 80% aux détaillants. « Rapportées à la fabrication locale, ces marges de bénéfice sont plutôt établies à 11,32% du prix de revient hors taxe pour les fabricants, 10,37% du prix de cession industriel pour les grossistes et 34,10% du prix de cession grossiste pour les détaillants », expliquaient alors un participant.
Au final, il se dégage tout simplement que cette organisation du marché encourage des pratiques commerciales non avantageuses pour le consommateur. « Le grossiste vend parce qu’un laboratoire est venu, a obtenu l’autorisation de mise sur le marché et a fait la mise en place sous le grossiste. Au niveau des dispensateurs, très souvent le dispensateur veut gagner plus. Donc, il aura tendance à vendre le médicament qui rapporte plus de marge », conclu un délégué médical.
Outre l’adaptation d’une réglementation pharmaceutique en rapport avec la situation actuelle, l’Etat qui depuis 1994 n’a commis aucune circulaire ou mesure encourageant la mise en place des génériques en Dci (Dénomination commune internationale) doit, entre autre pouvoir évaluer avec précision les stocks en circulation. L’urgence de mettre les vignettes sur les médicaments n’est pas en reste. Car, « les Camerounais ont droit aux prix mondiaux. » Last But not least, Pharmaciens et autres médecins ont également leur par de responsabilité dans cette cherté des médicaments. Acteurs de la santé, il leur est fait le procès de ne pas appliquer le code de déontologie. Aussi reproche-t-on au syndicat des pharmaciens cette faiblesse extrême dans la fixation des prix.

Au vue de ce qui précède, nombre d’interrogations demeure. Notamment qu’est-ce qui bloque la pose des vignettes sur tous les médicaments. Est-ce que le patient ne doit pas avoir une garantie sur la traçabilité, quels rôles jouent les transnationaux ? Pharmaciens et médecins ont-ils compris qu’ils sont les véritables acteurs de la santé publique et que le respect du code de déontologie qui est bien un devoir est surtout un atout…la faible utilisation des génériques n’est-elle pas due à la non utilisation de dénomination commune internationale ? Autant de questionnements qui feront, à coup sûr l’objet d’une enquête.

Par Blaise-Pascal Dassié

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