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Cameroun : La famille Fotso se déchire.

mercredi 25 mars 2015


Christelle Nadia Fotso a réagi dans Jeune Afrique de cette semaine, à l’interview de son frère aîné, Yves Michel, paru la semaine dernière dans le même journal.

Dans une interview parue dans Jeune Afrique le 9 mars 2015, Yves Michel Fotso accuse ses frères et soeurs d’être entre autres à l’origine de ses malheurs d’aujourd’hui. « Comme je l’ai appris à mes dépens, au sein de ma propre famille, nombreux étaient ceux qui espéraient ma disparition. Il faut préciser que mon père est polygame et père de nombreux enfants. Certains de mes jeunes frères et sœurs qui travaillaient déjà à des postes de direction dans certaines de nos sociétés n’ont pas hésité à saisir l’opportunité de ma détention pour essayer de m’évincer définitivement », dit-il. Il poursuit, s’agissant de son père, Fotso Victor : « je me rends compte à quel point la fortune peut fragiliser un homme âgé. Elle fait de lui la proie facile des prédateurs.
Quand j’ai été arrêté, il s’est précipité à la prison dès le lendemain et m’a assuré de sa détermination à obtenir ma libération dans les plus brefs délais… Il disait espérer que son amitié avec le président Paul Biya faciliterait au moins une mise en liberté provisoire, même s’il devait pour cela donner toute sa fortune pour payer la caution »
, déclare Yves Michel Fotso dans Jeune Afrique.

Des propos qui ont entraîné l’ire de sa sœur cadette, Christelle Nadia Fotso, avocate au barreau de Washington et de Bruxelles, qui a adressé un droit de réponse publié dans la rubrique « courrier des lecteurs » de Jeune Afrique en kiosque cette semaine.

« Il est tout d’abord important de rappeler que Fosto Victor est un homme d’expérience qui a construit tout au long de sa vie un immense groupe industriel sans jamais s’exiler afin de bâtir le Cameroun, son pays et en devenant maire de son village : Bandjoun. M. Fotso n’est pas un vieillard prisonnier de sa famille, mais bien un sage qui accomplira jusqu’au bout ses devoirs de père et d’homme d’Etat. Il a une foi inébranlable en la justice de son pays et dans le principe essentiel à la cohésion d’une nation qui est l’application des lois à tous ses citoyens quel que soit leur nom de famille. Par conséquent, il irait à l’encontre des convictions de M. Fotso qui sont la fondation de son œuvre, d’exiger une justice particulière pour un individu parce qu’il est son enfant », écrit l’auteur de « l’empreinte des choses brisées », un ouvrage paru en 2010.

Pas du tout tendre envers son frère, elle affirme sans ambages qu’ « Yves Michel Fotso est un adulte qui a fait ses propres choix. Il est donc pour le moins incongrue de sa part d’attendre de l’homme intègre qui lui a donné la vie et un nom, un sacrifice abrahamique lorsque son pays lui demande des comptes. En somme, la véritable différence entre M.Fotso et l’un de ses nombreux enfants semble, hélas, fondamentale ;
elle explique sans doute les lieux d’où chacun d’eux parle :
Fotso Victor croit au droit et reste avant toute chose un notable qui comprend qu’avec les privilèges viennent des devoirs et des obligations avec lesquels on ne peut pas transiger, surtout lorsqu’on vient d’une grande famille. Cela s’appelle de la dignité. Elle est la force de ce qu’à Bandjoun on appelle aujourd’hui Peben (les « nobles »), achève l’enseignante de droit, amère.
C’est dans ce contexte lourd, marqué par des mots, pour le moins, violents de sa sœur, qu’Yves Michel Fotso va comparaitre ce jour, 24 mars 2015 devant les juges du Tribunal criminel spécial dans le cadre d’une nouvelle affaire où il accusé de détournement de deniers publics.

Par Eitel Elessa Mbassi(Le Jour)

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