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Ateba Biwolé : 11 ans de journalisme, de camaraderie, d’amitié, de confraternité…

lundi 7 décembre 2015


Août 2004. Ateba Biwolé est dans la foule des jeunes bacheliers qui font la queue à la délégation régionale des Enseignements secondaires du Littoral, à Douala, au quartier Bonanjo. Comme tous les autres, l’adolescent de 18 ans vient retirer le relevé de notes de son diplôme obtenu quelques semaines auparavant. Si les portes de l’enseignement supérieur lui sont grandes ouvertes désormais, le jeune Ateba veut les franchir de fort belle manière : en bravant le concours d’entrée à la prestigieuse école de journalisme de Yaoundé. C’est ainsi que les anciens appellent cet établissement rebaptisé Ecole supérieure des sciences et techniques de l’information et de la communication (Esstic). Ateba Biwolé semble très pressé d’atteindre son objectif. Il a la fougue de sa jeunesse et l’assurance de celui qui va à la conquête du monde. Lui, s’en va explorer le plus beau métier du monde : le journalisme. Il répond à l’appel de la vocation.

C’est dans ces moments que des rencontres du destin se font. Ateba rapportera plus tard qu’il a été bousculé par un jeune homme, tout aussi jeune et pressé que lui. Chacun voulant entrer en possession le plus vite possible de son relevé de notes, le fameux sésame dont tout jeune bachelier est si fier. Une bousculade, quoi de plus banal dans une longue file d’attente. L’autre ne s’en est même pas aperçu. Mais Ateba a gardé l’image en mémoire et, surtout, le visage de son vis-à-vis. Suffisant pour reconnaître ce dernier des jours plus tard à Yaoundé, dans les couloirs de l’Esstic, le jour de la clôture du dépôt des dossiers. Ateba dira qu’il s’est à nouveau frotté à l’autre garçon, tellement tous les deux couraient après les délais. Encore rien de méchant. Et les voilà qui se retrouvent en octobre dans la même salle de classe, en première année de journalisme. Ils ont donc été reçus tous les deux au concours d’entrée à l’Esstic. Appartenant désormais à la même promotion, la 35ème (2004-2007), place à la camaraderie, à l’amitié et à la confraternité. Le cheminement commun s’est poursuivi au quotidien Le Jour où Ateba Biwolé arrive en 2008 et retrouve son vieux camarade qui, lui, était déjà là au lancement du journal en septembre 2007. Voilà 11 ans que leur trajectoire de vie se confondaient presque dans ce journalisme qui les avaient unis. Et tout s’est arrêté ce dimanche 6 décembre 2015.


Ateba Biwolé
est décédé à l’hôpital Jamot de Yaoundé, à l’âge de 29 ans, laissant un bébé de quelques mois. L’ami, la classe d’âge, le confrère et le collègue n’a retrouvé que son cadavre dans ce lit où il l’avait laissé la veille, mal en point certes, mais vivant malgré la maladie qui s’était déclaré il y a environ 2 mois. A son vieil ami venu à son chevet ce samedi matin, Ateba Biwolé a dit : "ton regard me fait peur". Et l’ami lui a répondu : "est ce que tu t’images la peur que tu nous a fait depuis que personne n’arrive plus à te voir alors que tu es malade ?". Puis le silence s’est imposé. L’un des derniers instants de partage de cette souffrance qu’Ateba endurait depuis plusieurs semaines. Il a rendu l’âme vers 8h du matin ce dimanche, dans les bras de son cousin qui le veillait, loin des yeux de sa sœur cadette qui ne le quittait plus elle aussi. La pauvre Clarisse est inconsolable, pourtant elle a fait tout ce qui était en son pouvoir pour que son frère vive. La vrai solidarité entre des enfants qui ont perdu leur mère très tôt et ont appris à compter sur eux-mêmes d’abord.

La décennie Ateba Biwolé

D’Ateba Biwolé, il reste des images de lamentations à l’hôpital Jamot ce dimanche matin. Mais il laisse aussi gravés dans le marbre de la vie une décennie passionnante de journalisme. Dès les premiers jours à l’école, Ateba Biwolé se distingue par ses chemises toujours assorties d’une cravate. Un assemblage aux couleurs chatoyantes qui mettent en relief le noir foncé de sa peau. Ses vêtements près du corps correspondent bien à son physique effilé et sa taille très moyenne. Il savait rehausser son allure avec un air sérieux, le pas pressé et alerte. Ainsi faisait-il son apparition dans la salle de classe, tenant en main son porte-document. Suffisant pour qu’un enseignant le surnomme « l’aristocrate ». Le nom est resté bien longtemps dans le répertoire téléphonique de cet ami de la première heure.
Eclectique qu’il l’était, Ateba n’a pas manqué de surprendre lorsque, du jour au lendemain, il a troqué ses chemises, cravates et pantalons super 100 contre des jeans et des T-shirts qui lui allaient tout aussi bien. Le style est resté et, Ateba pouvait se distinguer un moment par sa touffe de cheveux négligés. Puis un matin, il se présentait, la tête bien tondu, tiré à quatre épingles, dans un costume ou un demi-saison toujours bien inspiré. A l’école, et plus tard au travail, les filles disaient alors leur plaisir de redécouvrir un beau et élégant jeune homme. Mais pour Ateba, le plus important était les photos de lui qu’il postait sur sa page Facebook. C’était sa façon de vivre sa vie, de partager le goût exquis de celle-ci avec ses congénères. Il n’y en avait pas que pour lui. Ateba prenait en photo qui le voulait. Et Le journaliste sportif qu’il était, a immortalisé tant d’évènements qu’il a couverts : les compétitions au Cameroun et à l’étranger. Son empreinte est indélébile sur le Tour cycliste international du Cameroun et le Tour cycliste international Chantal Biya.
Son amour pour le journalisme sportif naît dès l’école de journalisme. Parmi ses camarades de promotion, beaucoup se souviennent encore de sa forte implication lorsque tous travaillaient avec Alain Foka de Radio France International, pour la production d’une émission sur la magie dans le football. Flairant le bon coup et, surtout, ne craignant ni l’inconnu ni difficulté, Ateba Biwolé se propose d’aller à Douala interviewer Joseph Antoine Bell, l’ancien Lion Indomptable. L’étudiant rassure tout le monde alors qu’il ne sait même pas où trouver son interlocuteur. Le garçon a déjà l’audace qui le caractérisera durant sa carrière. Qui ne se souvient pas de ses accrochages avec les policiers. Et ceux-ci savaient lui rendre la politesse, à coups de rangers et de matraque. Une fois, une bidasse du Gso a même envoyé le pauvre Ateba dans un lit d’hôpital. Et même qu’au Gabon, le même Ateba a été bastonné. Il n’ignorait guère les risques du métier et ne reculait nullement lorsqu’il fallait trouver la bonne information ou alors quand la juste cause était en péril. Comme ce soir où il bondit dans un car de la police pour y extraire un collègue arrêté en catimini devant le siège du journal. Ateba n’était pas un costaud et n’avait que son courage. Pour sa sœur éplorée, c’était ce « charisme » qui inspirait sécurité aux autres membres de la fratrie d’orphelins.

Autant l’homme pouvait se montrer rude, autant c’était un esprit ouvert, fin et malin. D’ailleurs, il refusait de se cantonner dans le sport. Ateba était partant pour raconter la vie dans un marché de Yaoundé. Le texte était alors coloré et empli d’émotions. Consciencieux, travailleur acharné et polyvalent, Ateba a pu s’imposer au sein de la rédaction du quotidien Le jour où il dirigeait le desk des sports depuis janvier 2012. Ce n’est pas tous les jours qu’on y tient des cafés philosophiques. Ateba l’a fait, avec quelques collègues : Jean-Marie Mollo Olinga, Jean Philippe Nguemeta et Younoussa Ben Moussa. Ensemble, ils animaient des débats. Ateba pouvait alors séduire par sa connaissance des grands penseurs, ainsi que des formules savantes tirées du latin et du grec. N’allez pas y voir une quelconque acculturation. Ateba, l’Africain, a souvent offert à ses camarades de l’Esstic des spectacles de danse bikutsi ; et beaucoup l’ont méconnu en le voyant déboucher vêtu de lianes et de feuilles de bananier. Le journaliste avait finalement décidé que sa signature serait Ateba Biwolé. Il s’appelait aussi Ulrich Fabrice et c’était un oiseau rare. Il est tombé en plein envol, si jeune.

Par Assongmo Necdem (facebook)

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