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Assassinat de Christiane Soppo : A qui profite le crime ? Marafa serait-il lui-meme le commanditaire du forfait ?

dimanche 30 mars 2014


Marafa Hamidou Yaya parle d’assassinat politique. Mais rechigne à communiquer l’identité de ce commanditaire dont il fait état dans sa récente lettre. Ce qui laisse penser que le célèbre prisonnier a des choses à cacher.

Plusieurs mois après la découverte du corps sans vie de Christiane Soppo Mbango secrétaire de l’ex-Minatd Marafa Hamidou Yaya, ni la Police judiciaire (Pj), ni le procureur de la République n’ont encore livré les premiers résultats de l’enquête. Et pendant qu’on s’affaire encore au niveau de la Direction régionale de la police judiciaire du centre (Dpj) à rassembler toutes les pièces du puzzle, c’est Marafa Hamidou Yaya qui s’empresse à soutenir, sans preuves tangibles, qu’il s’agit sans plus ni moins d’un assassinat politique. L’ex-Ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (Minatd) trouve même des arguments pour justifier son long silence : « je n’ai pas voulu m’exprimer immédiatement pour ne pas ajouter à l’émotion et laisser les enquêteurs faire leur travail ; mais, deux mois après, je suis obligé de constater que l’Etat reste d’un silence absolu », se défend-il.

Seulement, sous les éclairages d’orage, l’on pense que l’argument de l’ex-Sg/Pr tient sur une infime corde, au regard du temps qui s’est écoulé entre le 26 janvier, date du décès de son ancienne assistance, et la publication de sa lettre, le 24 mars, jour anniversaire du Rdpc. Prêchant sans doute le faux pour tenter de voiler le vrai, Marafa Hamidou Yaya laisse dire que l’objectif recherché : « c’est de mettre d’Etat face à sa responsabilité d’élucider C.E.( assassinat politique et d’y répliquer par tous les moyens appropriés. Je dis bien assassinat politique, car Madame Soppo a été prise pour cible uniquement parce qu’elle m’était restée fidèle après mon emprisonnement ».


Fidélité ?

Le mot est en tout cas lâché. Marafa Hamidou Yaya avoue, en effet, que Christiane Soppo était un maillon important de son dispositif. Avec ça, on comprend qu’elle en savait un peu trop sur l’homme. Et à y regarder de trop près, elle s’en est allée outre-tombe avec de nombreux secrets à même de gêner. Si tel est le cas, cela voudrait dire que l’inamovible assistante qui n’avait visiblement aucune influence sur le système actuel, était dans un autre collimateur. D’ailleurs dans le sillage de l’enquête, on parle d’un couple de musulmans, proche de Marafa, que Christiane Soppo Mbango avait rencontré quelques jours avant sa mort, du garçon de course de Marafa qui servait de chauffeur à Mme Soppo et dont le numéro de téléphone est apparu comme le dernier appel que Mme Soppo a passé.

Tambouilles épistolaires

Voilà le corps d’une secrétaire qui a été découvert une semaine après le supposé assassinat, sans qu’entre-temps son patron, si prolixe en d’autres circonstances, ne s’inquiète, par lettre au Chef de l’Etat, son correspondant habituel, de l’absence pendant sept jours, de celle qui chaque jour, lui apportait à manger au secrétaire d’Etat à la Défense. Ce silence fort surprenant qui aurait pu être interprété par M. Marafa comme une manœuvre du pouvoir, visant à le priver de nourriture, en appelle à des questionnements évocateurs : qui a conseillé la secrétaire défunte de se débarrasser de tout son personnel de maison, pour rester seule, dans son immense duplex, qui avait cette autorité ? », s’interroge un observateur. Et un autre de soutenir : « les assassins savaient où étaient gardées les clés de la maison. Ils les ont retirées, les ont utilisées pour ouvrir celle-ci. Et le forfait accompli, les ont remis à l’endroit, en emportant uniquement l’ordinateur. Ces faits échéant, qui d’autre que le maître des lieux bien connu, en connaissait les ’secrets ? »

Du coup, il est permis de penser que tous ces détails pertinents offrent une autre piste (Marafa) aux enquêteurs pour élucider les contours de ce crime. Une piste d’autant plus crédible, que l’on rapporte que l’ex-Minatd serait depuis lors, hanté par l’esprit de sa secrétaire, la pauvre ; au point de lui donner la meurtropathie. Christiane Soppo Mbango était réputée calme et sans histoire. Selon des confidences privées, elle menait une vie bien discrète. Célibataire, on ne lui connaissait pas de grande amitié, ni même des fréquentations particulières avec sa famille. En dehors de son travail, elle portait son attention sur sa fille unique, Maeva. Il n’est donc pas exclu que Marafa Hamidou Yaya porte l’estampille de ce modus operandi. « Les allégations de l’ancien Minatd dans sa 8ème lettre ne sont soutenues par aucune preuve matérielle. Au contraire, en mêlant le Président de la République dans ses déboires, Marafa Hamidou Yaya croyant se sauver, semble s’enfoncer plutôt. Mais, c’était sans compter avec la finesse des enquêteurs » rapporte un observateur éclairé de la scène politique. L’ex-Minatd, confie un autre libre penseur, ne voudrait-il pas démontrer que le pays est à la dérive ? « Marafa le fait d’ailleurs avec un certain bonheur, depuis que le pays vit une saga de décès des esprits libres », conclut-il. Dans tous les cas, les langues qui se délient, pensent en petits comités que le crime profiterait davantage à l’ex-Sg/Pr. D’après elles, c’est lui qui, du fond de son cachot, tirerait les ficelles dans l’ombre, parce que, ne pouvant plus contrôler son assistante, en liberté.

Par Mamouda Labaran (La Météo)

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