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Afrobasket : Le Cameroun est-il prêt à organiser l’édition 2015 ?

lundi 10 mars 2014


En lice avec l’Angola, c’est finalement le pays des Lionnes indomptables qui abritera l’Afrobasket dames l’an prochain. Une lourde responsabilité à lui confiée au moment même où les inquiétudes persistent quant à l’absence criarde des moyens structurels, infrastructurels et financiers accordés par l’Etat aux acteurs de cette discipline.

Ça y est ! Le Cameroun sera le pays hôte de la 24e édition du championnat d’Afrique des nations dames de basket-ball. Bonne nouvelle pour les adeptes de la balle orange qui ont là, une occasion de voir évoluer sous leurs yeux, les grands noms de cette discipline sur le continent. Le verdict est tombé vendredi 07 mars dernier à l’issue de la première journée de la 5ème session ordinaire du bureau central de la Confédération africaine de basketball, Fiba Afrique. Le Cameroun a donc été choisi pour organiser pour la première fois de son histoire l’Afrobasket dames 2015. Crédités d’une bonne compétition jusqu’en quart de finales, les Lionnes indomptables tombaient l’an dernier en demi-finale face au Mozambique, pays organisateur de la 23ème édition. Les pouliches des deux coachs (Alain Zedong et son adjoint Jean Claude Ntep), occupaient tout de même la quatrième place après leur défaite (53-56) face au Sénégal le 29 septembre 2013 au Maxaquene Stadium de Maputo. Cette performance, soutiennent les analystes, a été certainement pour beaucoup dans le choix de Yaoundé pour abriter la prochaine édition de cette grande compétition.

Mais, passée l’euphorie de ce choix porté sur le vert-rouge-jaune, l’heure est à la cogitation. Combien de stades de basket-ball compte le Cameroun ? L’interrogation peut s’apparenter à une colle ou à une plaisanterie de mauvais goût mais c’est malheureusement la triste réalité que renvoie la pratique de cette discipline au pays de Priscille Mbiandja. Même si la Fédération camerounaise de basket-ball (Fécabasket) tente bon an mal an à sortir la balle orange de l’ornière, ses efforts échouent fatalement sur un manque criard d’infrastructures sportives adaptées. A Yaoundé, Douala, Bafoussam, Bamenda, Garoua, trouver des aires de jeu ou mieux des parquets, est une gageure. Certes, la jeunesse démontre à chaque fois son envie de pratiquer et de vivre de ce sport mais en face, la volonté politique ne suit pas. Résultat : on esquive le professionnalisme pour opter pour la débrouillardise, faute de mieux. A Yaoundé par exemple, le Palais polyvalent des sports déjà surexploité et régulièrement indisponible, reste l’unique aire conventionnelle où il fait bon de jouer au basket-ball. Encore faut-il être en mesure de débourser des sommes colossales pour sa location. Sinon on peut toujours rêver.


Imagination créatrice

Or le basket-ball angolais par exemple est très bien organisé. Normal qu’on soit à chaque fois agréablement surpris et même émerveillé par le niveau d’organisation des Angolais même au niveau des clubs. A la fin de chaque quart temps, le secrétaire du club, notebook en mains, établit la feuille du match détaillé. A telle enseigne que n’importe qui, même n’ayant pas assisté au match, peut lire le déroulement de la rencontre sur la base de ce document. Le club a ainsi une documentation sur toutes ses prestations. Laquelle documentation sert de matériel didactique aux entraîneurs. Ne parlons pas des terrains de basket-ball ou des gymnases multisports qui pullulent. A notre connaissance, aucun club du Cameroun n’a encore atteint ce niveau d’organisation. Ils diront certainement qu’ils n’ont pas assez de moyens pour y arriver. Ce ne sont pas seulement les moyens qui constituent le primordial mais c’est surtout l’imagination créatrice. Ce niveau de développement du basket-ball angolais mérite d’être copié. Surtout pour un pays ayant vécu la guerre pendant plus de deux décennies. Avec un peu plus d’imagination fertile, le basket-ball camerounais peut lui emboîter le pas.


Encadrement

Des raisons d’espérer ? Pas vraiment puisque grande est la déception des sportifs camerounais quant à la matérialisation des grands projets annoncés dans l’optique de redonner un souffle nouveau à la pratique du sports au Cameroun. On s’attendait à ce que le budget de l’exercice 2013 alloué aux infrastructures sportives puisse contribuer par exemple à la construction des centres socio-sportifs de proximité dans les villes et les villages, à la mise à niveau des équipements sportifs existants, ainsi qu’à l’organisation de manifestations sportives de grande envergure. Que nenni ! Ces axes stratégiques dont Adoum Garoua entendait faire les bases de sa politique sportive, sont peut être flatteurs puisqu’ils associent à la fois les infrastructures la formation, la gouvernance, les partenariats et le financement. Une politique, qui, comme le soutiennent certains cadres du Minsep, devrait « permettre au sport national de connaître un véritable décollage ».


Equipements de pointe

Seulement, les expériences antérieures suffisent pour comprendre qu’il s’agit d’une autre navigation à vue qui se prépare. Car, faut-il rappeler à cet effet que, depuis plus de dix ans, le gouvernement camerounais en partenariat avec la République populaire de Chine, grâce à Exim Bank of china, a lancé un ambitieux programme de développement des infrastructures sportives labélisé Programme national de développement des infrastructures sportives (Pndis) ? Lequel avait pour ambitions de doter le Cameroun d’infrastructures sportives de qualités à la pratique du sport.

Après les Chinois, les investisseurs américains à travers la multinationale Aecom Government Services sont rentrés dans la danse en 2011 au point de signer avec le gouvernement camerounais un protocole d’accord relatif au financement et à la construction d’infrastructures sportives Mais c’était sans compter l’inertie et le népotisme des dirigeants camerounais qui juraient pourtant de doter le pays d’équipements de pointe avec la construction d’infrastructures de grande qualité. Hélas ! Ce désir effréné est resté lettre morte, brisant ainsi le rêve de la jeunesse sportive nationale sacrifiée à l’autel de la politique du surplace. 2015, c’est dans un an, c’est demain. Il est donc plus que jamais l’heure de mettre le pied à l’étrier.

Par Christian TCHAPMI (Le Messager)

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