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1er Mai : Et si la Fête du Travail ne servait à rien chez nous ?

mercredi 1er mai 2013


Le Cameroun se joint ce mercredi, 1er mai, au reste de la communauté internationale, pour célébrer la Fête du Travail, la 127e du genre. Les préparatifs y relatifs s’intensifient. Grégoire Owona, le chef du département du Travail et de la Sécurité Sociale a même donné le ton vendredi, 19 avril à Bamenda, chef-lieu de la Région du Nord-Ouest. Le Ministre y a lancé « la semaine du travailleur ». L’homme fort du Nyong et So’o a par ailleurs placé la commémoration cette année sous le signe non moins évocateur de « Travail décent et lutte contre la corruption ». Mais en réalité, combien parmi les très nombreux fêtards qui s’apprêtent à faire du bruit mercredi prochain, sont-ils vraiment des travailleurs ? Je dis très peu. Et le bât blesse lorsque j’observe l’étendue de la misère dans laquelle opèrent les employés dans la plupart des entreprises ou ce qui en tient lieu. Au fallacieux prétexte de la crise économique et par conséquent, de la rareté de l’emploi, les patrons, je veux dire les colons des temps nouveaux, abusent de leurs esclaves d’employés. En même temps, ces maîtres vivent, avec leurs familles, dans une opulence ostentatoire. Combien d’années des compatriotes passent-ils au sein des sociétés privées, parapubliques, publiques (ou même dans la fonction publique) avec le statut de temporaire ? C’est-à-dire sans matricule, sans salaire convenable et régulier en proie à des licenciements abusifs et obligés de s’en remettre aux humeurs des patrons. Combien de frustrations des employés pourtant méritants, vivent-ils au quotidien au sein de leurs lieux de travail ? Et le tout sans lever le petit doigt. Plus triste encore, l’employé, sur un simple coup de tête du patron, peut être mis à la porte à tout moment sans possibilité de se plaindre.

Et, sur ces faits, arrive inévitablement le jour tant attendu. Le 1er mai. Le patron que l’on aperçoit qu’à travers des ordres secs, se montre soudainement gentil et affable. On oublie, le temps d’une journée, toutes les indigences cumulées pendant douze mois du fait d’employeurs véreux. Peu importe, chacun a reçu un T-shirt et une casquette aux couleurs de l’entreprise. Le directeur général a prévu à boire et à manger quelque part. On s’entasse comme on peut dans des camions, des cars, des taxis, des motos, ou des bus pour des entreprises un tant soit peu sérieuses. On fait du bruit jusque tard dans la nuit. On est content. Même si madame n’a rien préparé à la maison pour défaut d’argent de ration. Même si les enfants ne vont pas à l’école, même si les cotisations de l’employé ne sont pas reversées à la CNPS... Demandez en guise de curiosité à un « travailleur » ou un « employeur », ce que signifie « Fête du Travail », il vous répondra par exemple : « C’est notre jour de fête, nous devons aller au défilé, puis nous allons boire, manger et danser ».

Même les syndicats et l’Inspection du Travail, supposés être les protecteurs des intérêts des travailleurs donnent plutôt la triste impression d’être les défenseurs des intérêts des employeurs. Les délégués du personnel, quant à eux, ne sont plus que de simples agents de propagande et des défenseurs des privilèges des chefs, et s’érigent parfois en agents de renseignements des patrons. On n’est plus surpris de voir lors d’un conseil de discipline, un délégué du personnel défendant la cause de l’entreprise, au lieu de celle de son collègue. La raison en est simple, il faut sauver son emploi, ses prérogatives et surtout ses avantages. Pis encore, le respect des conventions collectives est plus ou moins facultatif.

Côté Ministère du Travail, même si le successeur de Robert Nkili affiche une détermination de vouloir positivement changer les choses, l’on remarque néanmoins que c’est pratiquement les mêmes discours (ou presque) depuis des décennies. Les patrons du Ministère, qui apparemment reçoivent régulièrement du « carburant » des dirigeants de sociétés, ne peuvent eux aussi que jouer des employeurs véreux.

J’ai donc au final cette conviction. Si les ouvriers, mieux, les martyrs qui avaient versé de leur sang à Chicago (aux Etats-Unis) en 1886 pour revendiquer et donner un sens au 1er mai, jour historique, aujourd’hui banalisé, pouvaient par extraordinaire renaître, ils mourraient de nouveau. Et cette fois, pour de bon. Et comme sous notre ciel, les 1er mai se suivent et se ressemblent forcément, je me dis, à l’année prochaine.

Source : La Météo

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